Au fil des semaines

SUSPENSION DU TRANSFERT DE RESSOURCES AUX COMMUNES POUR L’ACQUISITION DE VIVRES ET DU CARTABLE MINIMUM: Une mesure salutaire

La mesure aura, sans doute, pour effet de tuer la poule aux œufs d’or pour certaines communes, notamment celles qui, pendant des années, ont bénéficié de millions voire de milliards de F CFA sans pouvoir offrir un seul plat de cantine aux écoliers ou encore celles qui, pour des raisons d’insécurité, ont vu leurs écoles fermées mais qui continuaient d’engranger la manne financière de la cantine scolaire et du cartable minimum. En effet, le Conseil des ministres, en sa séance hebdomadaire du 25 avril, délocalisée à l’occasion de la Semaine nationale de la Culture (SNC) à Bobo-Dioulasso, a adopté un décret portant suspension du transfert des ressources aux communes pour l’acquisition de vivres et du cartable minimum. Et l’Exécutif fonde sa décision sur un constat : «  A la date du 31 décembre 2023, sur les 336 communes bénéficiaires des ressources transférées, seulement 36 ont effectivement acquis les vivres. Sur ces 36 communes, 6 ont pu réceptionner les vivres avant la rentrée des classes mais aucune d’entre elles n’a pu mettre ces vivres à la disposition des écoles. En ce qui concerne le cartable minimum, à la date du 31 décembre 2023, un total de 250 communes sur les 351 l’ont effectivement acquis au titre de l’année scolaire 2023-2024 dont 149 avant la rentrée ». C’est donc dire, en peu de mots, que la cantine scolaire et le cartable minimum qui sont des ingrédients nécessaires à la qualité des apprentissages des élèves, ne jouent pas leur rôle. Soit parce qu’ils arrivent tard, bien souvent après le début voire la fin de  l’année scolaire, soit parce qu’ils n’arrivent même pas du tout.

 

Il faut saluer le courage du gouvernement de la Transition

 

Et là, c’est lorsque le constat reste à un niveau général, c’est-à-dire au niveau  de l’équation  présence ou pas. Si l’on rentre dans le contrôle de la qualité et de la quantité du peu qui est servi, le constat devrait être certainement  plus amer. Il y avait donc lieu de donner un coup de pied dans la fourmilière. Et il faut saluer le courage du gouvernement de la Transition qui manquait, il faut le dire, de moyens pour contrôler l’utilisation réelle de ces ressources transférées aux communes. Le courage du gouvernement est d’autant plus à saluer que l’ambition n’est pas de priver à titre punitif les communes indélicates mais surtout de mieux organiser le système par une amélioration de  la gouvernance de ces ressources.

Cela dit, le gouvernement devra faire preuve de rigueur sur cette question. Car, il ne s’agit surtout pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul. En d’autres termes, il ne faut pas retirer la gestion des ressources aux collectivités locales qui font preuve soit de mauvaise volonté soit d’incompétence  pour la confier aux structures centrales de l’Etat où l’on sait, par ailleurs, que les lenteurs administratives sont légendaires, sans prendre toutes les mesures nécessaires. Il s’agira donc de trouver une mesure alternative pour que le niveau décentralisé qui est le plus proche des besoins des populations à la base, puisse continuer de jouer son rôle tout en  permettant à l’Etat au niveau central d’intervenir en sapeur-pompier pour sauver la situation en cas de défaillance. Cela dit, le ministère en charge de l’éducation ne devrait pas manquer de matière grise pour trouver ce mécanisme alternatif pour que la vision première qui est celle de la mise en œuvre du principe de gratuité et d’obligation scolaire au primaire, ainsi que du principe d’équité et d’égalité d’accès pour tous à l’école, soit une réalité. On devrait même, dans la perspective de l’introduction de l’apprentissage des métiers dans le système éducatif burkinabè comme le veut le Premier ministre, déjà entrevoir la mise en place là où c’est possible, du champ ou du jardin scolaire pour que les élèves participent à leur prise en charge alimentaire au lieu d’attendre tout de l’Etat.

 

P.K

 

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