Au fil des semaines

RESULTATS DE L’OPERATION DE CONTROLE DE L’ETAT: A petits pas vers la bonne gouvernance

Selon le rapport de l’opération de contrôle de présence des agents de l’Etat et des éléments de rémunération des agents publics de l’Etat payés sur le SIGASPE,  rendu public par le Conseil des ministres en sa séance du 17 août dernier, on dénombre 3 894 agents en situation irrégulière. Selon le ministre en charge de l’économie, la charge salariale de ces agents s’établit à 887 701 670 F CFA par mois et à 10 652 420 040 F CFA par an. Fournissant plus d’informations sur les résultats de cette opération,  il affirme  que « l’impact conjugué des arrêts de salaires requis à titre conservatoire des agents non enrôlés en situation d’absence non justifiée et de l’atténuation de la charge salariale mensuelle induite par l’ajustement effectué sur la solde des agents enrôlés, engendrerait un gain mensuel de 1 306 684 671 F CFA,  soit une économie annuelle sur la tendance des prévisions estimée à 15 680 216 052 F CFA ».

Il serait peu de dire que cette opération est à saluer. Car, même si elle a provoqué des grincements de dents en raison des désagréments qu’elle a pu causer pour beaucoup d’agents publics contraints à se déplacer pour se faire enrôler dans les chefs-lieux de région en raison de la crise sécuritaire, elle a produit des résultats qui crèvent les yeux. En effet, non seulement l’Etat fait des économies substantielles qui peuvent être réinvesties dans la réalisation de projets de développement au profit des populations ou dans la lutte contre l’insécurité, mais aussi il est ainsi parvenu à démasquer les délinquants à col blanc qui, tapis dans les arcanes du système de traitement des salaires, utilisent l’Etat comme une vache à lait.

 

 

C’est une véritable opération de salubrité publique qui a été menée

 

 

Et ce n’est pas tout. Car, cette opération de contrôle constitue aussi un coup de semonce pour les responsables administratifs qui, pour des intérêts particuliers ou par insouciance, couvraient  des agents indélicats irrégulièrement absents de leurs services ou qui bénéficiaient d’indemnités indues. C’est donc une véritable opération de salubrité publique qui a été menée et un bond qualitatif dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance, qui a été réalisé. Et pour cela, il faut tresser des lauriers au gouvernement de la Transition qui, dans la quête des ressources financières dans un contexte national marqué par le regain de la lutte contre l’insécurité sur fond de raréfaction des appuis budgétaires de la part des Partenaires techniques et financiers (PTF)   et mondial marqué par de fortes tensions économiques en raison de la guerre en Ukraine, a eu le nez creux.

Cela dit, cette opération, pour les résultats qu’elle a pu engranger, ne devrait pas se limiter à la seule sphère de l’Administration publique. D’autres secteurs, comme le recommande d’ailleurs le Conseil des ministres,  devraient être observés minutieusement à la même loupe. Et l’on pense aux Forces armées nationales (FAN), aux sociétés et entreprises d’Etat,  ou à l’Agence de gestion des soins de santé primaires. Sans nul doute que d’autres niches pourraient y être découvertes, surtout quand on connait l’opacité qui entoure le recrutement et la gestion des personnels dans ces domaines d’activités.

Par ailleurs, tout en poursuivant la traque des agents indélicats qui se sucrent sur le dos de l’Etat, des dispositions devraient être prises pour détricoter toutes les complicités qui rendent possibles les actions floues permettant d’aboutir au paiement de rémunérations indues. Et cela implique non seulement des sanctions contre ceux qui sont auteurs de ces malversations, mais aussi la modernisation des outils de l’Administration publique pour rendre impossibles toutes ces manœuvres. L’on sait, en effet, que c’est la lenteur administrative de certains actes de carrière qui est parfois la cause des trop-perçus sur les salaires de certains  agents qui ont été soit affectés, soit relevés de leurs fonctions avec des incidences financières.

 

G.G

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