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RAISSA HENRY, ACTRICE-COMEDIENNE-REALISATRICE: « Je pense que le cinéma burkinabè est malade »

Née à Ouagadougou où elle a grandi, Raïssa Henry est une jeune actrice, comédienne et réalisatrice burkinabè d’origine française. Elle n’est autre que la fille de l’un des célèbres acteurs d’Afrique en la personne de Serges Henry.

A travers cette interview exclusive qu’elle a bien voulu nous accorder, elle nous parle de sa passion, de son parcours, de son géniteur, décortique les films dans lesquels elle a déjà joué, revient sur son quotidien, jette un regard critique sur l’état de santé de cinéma burkinabè, aborde sans détour d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

Evasion : Comment allez-vous ?

Raïssa Henry : Je me porte bien.

 

D’où vient cette passion pour le cinéma ?

Je peux dire que cette passion m’est venue depuis la tendre enfance parce que mon père est dans le cinéma. Quand il partait sur les plateaux de tournage, j’y allais avec lui. Je me dis qu’il m’a un peu poussée dans ce métier et j’ai continué sur cette lancée en grandissant.

 

Pouvez-vous nous parler de votre formation ?

J’ai fait un peu de formation sur le tas. J’ai également fait des formations à l’Institut supérieur de l’image et du son (ISIS) ainsi qu’auprès de certains réalisateurs du Burkina.

 

Quels sont les films dans lesquels vous avez joué ?

J’ai joué dans des films d’Ibrahim Olokunga tels que « Trompe-moi si tu peux », Il y a « Tom » de Tasseré Ouédraogo, « Ouaga love » de Guy Désiré Yaméogo, « Le fils » d’Abibata Traoré et bien d’autres.

 

Et quel est le tournage qui vous a le plus marquée ?

Je n’ai pas eu un grand rôle rôle dedans mais il m’a beaucoup marquée. Le réalisateur Ibrahim Olokunga m’a donné ma chance, il s’agit du film « Trompe-moi si tu peux », j’y ai incarné un rôle qui m’a plu et voilà.

 

Est-ce le fait d’être la fille du célèbre acteur Serges Henry qui vous ouvre des portes ?

Pour ceux qui connaissent mon papa, il n’est pas du genre caressant. Il te pousse à aller seul et quand tu fais face aux obstacles et que tu viens le voir, là, il t’ouvre la porte si nécessaire. Mais j’ai l’impression que beaucoup pensent que je me retrouve sur certains projets grâce à lui et pourtant ce n’est pas le cas. C’est vrai qu’il me soutient dans tout ce que je fais mais il n’aime pas la facilité.

 

Dans la société traditionnelle africaine, les filles ne bénéficient pas facilement l’approbation des parents. Peut-on dire que vous avez eu la chance ?

Oui, j’ai eu cette chance. Je n’ai pas eu de blocus peut-être que c’est parce que les parents étaient déjà dans les arts.

 

Beaucoup d’acteurs de cinéma se plaignent des cachets perçus. Etes-vous également dans la même situation ?

Oui, c’est le cas. Je me dis que chacun peut se nourrir de son art. On n’a pas de cachets à notre valeur. Ce ne sont pas de gros cachets et le hic ils ne sont pas payés normalement. Beaucoup d’acteurs de cinéma ont leurs cachets impayés.

 

Qu’est-ce qui justifie cela ?

C’est dans la main des réalisateurs. Ils ne respectent pas les contrats qu’on signe avec eux. Pas tous les réalisateurs mais bon nombre en tout cas.

 

Vivez-vous de votre art ?

(Elle éclate de rire) … Je tâte gauche-droite.

 

Quels sont vos projets ?

J’ai déjà fait un court-métrage de quatorze minutes. J’ai en projet un long-métrage et un projet d’un film documentaire sur mon papa.

 

Peut-on savoir la petite histoire de votre court-métrage intitulé « Soraya » ?

C’était pour dénoncer et sensibiliser. C’est l’histoire d’une jeune fille qui va à l’école mais qui n’a pas de bonnes compagnies. Cela l’a déroutée alors qu’elle était sage et est malheureusement tombée dans les filets d’un vigile qui l’a violée vers la fin.

 

 

 

Pensez-vous que l’on peut concilier les métiers d’acteurs et de réalisateur ?

Je continue dans le jeu d’acteur et je suis en train de me lancer dans la réalisation. L’avenir nous le dira.

 

Quel est votre régard sur l’état de santé du cinéma burkinabè ?

Je pense que le cinéma burkinabè est malade. Notre cinéma devrait être plus haut que ça. On n’avance pas du tout et c’est vraiment dommage.

 

Peut-on savoir votre quotidien ?

C’est vrai que je suis dans le show-biz mais je suis mère au foyer. Je m’occupe de mes enfants, les envoyer à l’école, le retour, la cuisine, le ménage en ce qui concerne les jours ouvrables. Je m’occupe également de mon mari. Et le week-end, je suis dans le social et le cinéma.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

Je suis mariée et mère de quatre enfants dont deux filles et deux garçons.

 

Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos pas dans le cinéma ?

Je ne peux que l’accompagner comme mon père m’a accompagnée. Mon fils de treize ans a déjà fait deux films. Mais les études d’abord.

 

Que représente pour vous Serges Henry, l’un des célèbres acteurs d’Afrique et qui est votre père ?

(Elle marque une pause, pousse un souffle et laisse couler des larmes) … Je ne sais quoi dire. C’est plus qu’un père.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

Merci à eux de me soutenir et de me porter dans leur cœur. Je ferai tout pour ne pas les décevoir.

 

Quel est votre mot de la fin ?

Je dis merci à vous, merci aux Editions « Le Pays » pour ce que vous faites pour les artistes, les acteurs et le monde du show-biz. Merci à tous ceux qui me soutiennent dans l’ombre.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

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