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SEYDOU WUIYAGA SANOU, MULTI-INSTRUMENTISTE-CHANSONNIER « J’ai contribué à valoriser la culture traditionnelle du Burkina au plan international »

Multi-instrumentiste, chansonnier et fondateur du groupe Yiri-Massa, Seydou Wuiyaga est un artiste burkinabè originaire de la ville de Bobo-Dioulasso. Issu d’une famille de forgeron, c’est auprès de son géniteur et des amis qu’il s’initie aux chants et à la percussion. Installé en Belgique depuis 1996, il fait le tour du monde dans les plus prestigieux festivals européens auprès de grosses stars de la musique d’Afrique, d’Europe et d’Amérique.

A travers cette interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder via le net, l’artiste nous parle de son parcours, de sa passion, revient sur des souvenirs, dévoile ses projets pour le Burkina, jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè, aborde sans détour d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

 

Evasion : Comment allez-vous ?

Seydou Wuiyaga Sanou : Je vais très bien.

 

D’où vient cette passion pour la musique ?

Cette passion pour la musique date depuis ma tendre enfance dans les quartiers Kuinima et Bolomakoté à Bobo-Dioulasso. Je suis un forgeron et mon père chantait dans son atelier en actionnant ses soufflets de forge. Et je partais souvent dans les cabarets pour faire de la musique avec des amis. C’est comme ça que tout a commencé.

 

Multi-instrumentiste, comment faites-vous véritablement votre formation ?

C’est la passion et la motivation. J’ai beaucoup appris en jouant seul et avec des amis.

 

Pourquoi avoir choisi la kora comme instrument de prédilection ?

 

Vous savez, je n’ai pas choisi la kora, j’aime la kora et le balafon ainsi que tous les instruments de percussions traditionnelles.

 

Pouvez-vous nous parler de votre groupe Yiri-Massa que vous avez créé en 1999 ?

Le groupe Yiri-Massa qui signifie plante médicinale, plante au pouvoir naturel en langue nationale bambara, a été effectivement créé en 1999 à Bobo-Dioulasso pour permettre aux jeunes du quartier de se former à travers les différentes prestations. Et j’ai mis à leur disposition, tous les instruments dont ils avaient besoin ainsi qu’un site de répétition.

 

Depuis quand vivez-vous en Belgique et pourquoi avoir quitté le bercail ?

 

Je vis en Belgique depuis 1996. Avant, je faisais des va-et-vient entre le Burkina et la Belgique pour donner des stages de percussions et de danse. Et à un moment donné, j’ai fini par m’y installer.

 

Quels souvenirs gardez-vous de toutes vos participations aux plus grands festivals du monde ?

Ce sont de beaux et positifs souvenirs. J’ai contribué à valoriser la culture traditionnelle du Burkina au plan international. Il y a eu des collaborations avec les plus grosses stars de la musique africaine et européenne.

 

Qu’en est-il de votre discographie ?

En matière de discographie, j’avoue que je n’ai pas grand-chose, j’ai peut-être trop préféré les concerts que de faire des albums. Mais j’ai des enregistrements dans mes archives qui attendent. J’ai des œuvres déposées à la SABAM en Belgique.

 

Vivez-vous de votre art ?

 

C’est une très bonne question. Ce n’est pas très évident de vivre de l’art en général mais grâce à mon art, je tire des sources de revenus.

 

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

Son évolution est positive mais les musiciens burkinabè doivent se battre encore pour une vraie identité musicale burkinabè propre à nos diversités rythmiques.

 

Vous êtes plus connu au niveau international que chez vous au Burkina, est-ce pour dire que le marché local ne vous intéresse pas ?

 

(Il éclate de rire) … Non pas du tout. Le marché local m’intéresse énormément. J’ai de gros projets artistiques que je compte développer sur place et c’est pour très bientôt. Il y a un projet culturel qui me tient à cœur et qui est actuellement en cours de réalisation, il s’agit d’un centre culturel et une maison des jeunes à Bobo-Dioulasso au secteur 18.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

Je remercie infiniment tous ceux qui soutiennent la musique traditionnelle au Burkina. On le dit souvent, un homme qui perd sa culture est comme un zèbre sans rayures.

 

Peut-on savoir votre situation matrimoniale ?

 

J’ai une épouse à qui je fais un coucou.

 

Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos traces dans la musique ?

 

Je lui dirais priorité aux études. Après, il pourra vivre sa passion.

 

Qu’avez-vous à dire pour conclure ?

 

Nous devons tout mettre en œuvre pour sauvegarder notre patrimoine culturel afin de permettre à la génération future d’avoir une base solide. Merci à vous d’avoir mené des recherches pour me retrouver et m’offrir cette interview.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

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