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MARECHAL DJ, ARTISTE- MUSICIEN CONGOLO-IVOIRIEN: « Unissons-nous et aimons-nous vivants »

Maréchal DJ est un artiste-musicien congolo- ivoirien et n’est autre que l’auteur de la célèbre chanson coupée-décalé « Seka Seka » qui a connu un succès international. Né à Kinshasa, il a grandi à Abidjan. Il est originaire de la région de Bandundu à l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC). Batteur, concepteur, auteur-compositeur-chanteur et chorégraphe, ce transfuge du groupe Caterpillars de Pierrette Adams a écumé plusieurs scènes du monde.

A l’occasion de son bref séjour à Ouagadougou pour la « Nuit de l’Orphelin », il s’est ouvert à nous à travers cette interview exclusive.

L’artiste nous parle de ses débuts en tant que DJ microphone à Abidjan, de ses souvenirs auprès de Pierrette Adams, revient sur la petite histoire de « Seka Seka », présente son tout nouveau single « Atakaboli », jette un regard critique sur l’évolution du Coupé- décalé, en invitant les uns et les autres à s’unir et à s’aimer vivants. Il aborde sans détour d’autres sujets croustillants et lève le voile sur sa situation matrimoniale.

Evasion : comment allez-vous ?

 

Maréchal DJ : je vais très bien, Dieu fait grâce.

 

Quels sentiments vous animent de retrouver vos milliers de fans au Burkina Faso ?

C’est toujours un plaisir de retrouver mes fans du Burkina Faso. Ce pays, c’est le mien; quand je suis là, je me sens très à l’aise.

 

Peut-on dire que tout Congolais est un bon chanteur ?

 

Oui, et cela, depuis toujours. Ce talent de bon chanteur est dans notre gène.

 

Que vous rappelle votre passage au maquis Shangaï à Yopougon en tant que disc-jockey ?

 

(Eclats de rire) … Apparemment, vous me connaissez très bien. Il y a aussi des passages obligés de la vie. C’est également un parcours. C’était effectivement au maquis Shangaï à la Rue Princesse. En fait, il y a deux sortes de DJ. Il y a DJ platine et DJ microphone. J’étais DJ microphone, je faisais les animations. Mais à la base, je fus batteur et ensuite concepteur, auteur-compositeur-chanteur et chorégraphe.

 

Comment s’est faite votre rencontre avec Pierrette Adams avec qui vous avez travaillé au sein de son groupe les Caterpillars ?

 

C’était par l’intermédiaire de mon grand frère qui est plus qu’un père pour moi. Donc, c’est lui qui m’a présenté à Pierrette Adams. Ensuite, j’ai fait le test et elle m’a engagé dans son groupe. Voilà comment tout est parti pour l’aventure avec celle-là même qu’on a surnommée « Maman Zallumettes ».

 

 

Avec elle, vous avez beaucoup tourné à travers le monde. Quels sont les souvenirs qui vous ont le plus marqué ?

 

Sincèrement dit, nous avons beaucoup tourné à travers le monde. Et je garde de très beaux souvenirs. Tous ces souvenirs m’ont beaucoup marqué, car chaque voyage était unique en son genre. Nous avons rencontré différents publics, découvert différentes cultures ainsi que divers climats et ambiances. Nous avons également l’album « Anesthésie » qui est l’un de ses plus gros succès. C’est dans cet album que j’ai fait toutes les animations. Mais comme chaque chose a son temps, à un moment, je me suis dit que je vais voler de mes propres ailes. Il était donc temps pour moi d’entamer ma carrière solo.

 

N’avez-vous pas eu un souci particulier avec Pierrette Adams et qui a pu conduire à votre départ du groupe ?

 

Non, pas du tout ! Il n’y a eu aucun problème entre elle et moi. Comme je l’ai dit, il était tout simplement temps pour moi d’entamer une carrière solo. Et j’ai demandé la permission à Maman et elle m’a accordé sa bénédiction.

 

Quelle est la petite histoire de votre première chanson en solo « Seka Seka » qui est un succès international ?

 

Ce que je peux dire de cette chanson, est que « Seka Seka », c’est Dieu, ce n’est pas moi. J’étais à la maison et l’inspiration m’est venue. J’ai commencé à chanter, c’est du coupé-décalé.

 

Peut-on savoir exactement la différence entre le coupé-décalé et le N’dombolo ?

 

Oui, il y a bien sûr une différence entre les deux. Dans le N’dombolo, on est obligé d’expliquer une histoire alors que de l’autre côté, tu coupes et tu décales simplement. Par exemple, je dis « bouger les lololooo, danser beti séé, seka seka, au port d’Abobo au port d’Abobo… » C’est ça la différence avec le N’dombolo.

 

Quels ont été vos rapports avec d’autres pionniers du Coupé-décalé tels que Molar, La Jet 7, feu Arafat DJ, feu Douk Saga et bien d’autres ?

 

Ça a été de bons rapports, c’est la famille. C’est ça qu’on appelle au fait, l’esprit coupé-décalé. Nous sommes unis, c’est la solidarité et ça se passe très bien actuellement avec ceux qui sont là.

 

Après le succès de « Seka Seka », il y a eu « Abidjan Tangamin », « Makadima » et bien d’autres. Qu’en est-il de ces chansons ?

 

Ces chansons ont eu également du succès et continuent de faire danser les fans.

 

Vous venez de réaliser votre tout nouveau single baptisé « Atakaboli ». Pouvez-vous nous parler de cette chanson ?

 

Le single vient de sortir il y a à peine un mois.  Déjà, ça cartonne à Abidjan ; nous mettrons le cap sur d’autres pays pour la promotion.

 

Quels seront les grands projets avec cette nouvelle sortie discographique ?

 

Tout est dans la main de Dieu.

 

Que pensez-vous du Coupé-décalé aujourd’hui avec la jeune génération ?

 

Chaque chose en son temps. Et on laisse le temps au temps. C’est le travail qui paie.

 

Peut-on savoir votre quotidien ?

 

Ça dépend de mes humeurs. Au réveil, je fais ma prière, ensuite quand je finis de prendre mon déjeûner à midi, il y a les répétitions vers 15h et le soir on se cherche.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

 

A tous mes fans : je vous aime de tout mon cœur. L’union fait la force. Le Coupé-décalé ne tombera jamais. Les musiques ivoiriennes, congolaises et burkinabè forment la même famille. Et c’est l’Afrique qui gagne. Unissons-nous et aimons-nous vivants.

 

Vous êtes à Ouagadougou pour la Nuit de l’Orphelin, organisée par l’artiste- musicienne Korariss ; comment s’est faite votre rencontre avec elle ?

 

Je l’appelle affectueusement maman ; je la connais il y a longtemps. Nous nous sommes rencontrés à Paris, on a commencé à communiquer et la collaboration a pris forme. Je suis là pour cette cérémonie que je n’hésite pas à soutenir parce que moi-même je suis orphelin de père et de mère. Donc, ce projet me concerne. Les enfants, c’est l’avenir et l’éducation, c’est la base.

 

Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos pas dans la musique ?

 

(Eclats de rire) … Ce serait avec plaisir ; chacun a son choix. On ne doit pas le pénaliser et regretter après.

 

Qu’en est-il de votre situation matrimoniale ?

 

Je suis père de trois enfants, soit une fille et deux garçons.

 

Quel est votre mot de la fin ?

 

Que Dieu bénisse l’Afrique et aimons-nous vivants. Merci à Evasion.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

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