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IKLASS, CHANTRE: « La musique burkinabè a beaucoup évolué »

Considéré comme le précurseur de la musique religieuse musulmane au Burkina Faso, Iklass, à l’état civil Oumar Zongo, est un chantre originaire de la localité de Laye dans la région du Plateau central. Passionné de rap, ce fils de chansonnier se retrouvera en Côte d’Ivoire en 1999 pour des études coraniques avant de regagner le bercail trois ans plus tard. La chantre Toussy tombe sous le charme de son talent lors d’une caravane de la paix et lui tend la perche pour sortir son premier album « Al Akbar » qui le révèle au grand public. Suivra son album à succès « Wend bala ».

Auteur de trois albums et trois fois nominés au Kundé, nous sommes allés à la rencontre de cette voix au service du Seigneur qui réside depuis six ans à Hambourg en Allemagne.

A travers cette interview qu’il a bien voulu nous accorder, l’artiste nous parle de son quotidien, de son prochain album, jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè, aborde sans détour d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Iklass : Je me porte très bien.

 

Que devenez-vous exactement ?

 

(Il éclate de rire) … Je suis là, il faut rassurer mes fans et les mélomanes. Je vis depuis plus de six ans en Allemagne, plus précisément à Hambourg et je suis une formation en infirmerie médicale. Je fini ma formation cette année Inch’Allah.

 

Après trois albums au compteur et au moment où votre carrière musicale connaissait un véritable succès, vous vous envolez pour l’Allemagne, pourquoi cela ?

 

Je n’ai pas eu le soutien que je méritais et j’avais une pression, des menaces, j’ai même été violenté dans un lycée à Pissy. C’était vraiment un challenge de me faire accepter et Dieu merci, il y a certains musulmans et chrétiens qui m’ont accepté et me soutiennent jusqu’à présent. Je voulais m’éloigner de toutes ces pressions et préparer mon avenir. C’est l’occasion pour moi de dire merci à Cheick Moaz, Docteur François Ramdé, Abbé Emmanuel Zongo.

 

Ne pensez-vous pas que vous manquez à vos fans après le succès de vos albums qui étaient une première au Burkina en ce qui concerne le style musical ?

 

Oui, je sais, je reçois toujours des appels et des messages de mes nombreux fans. Beaucoup d’entre eux me proposent même de financer certains de mes projets musicaux pour annoncer mon retour dans les bacs à disques.

 

Vous faites des concerts à travers l’Allemagne et une partie de l’Europe, comment avez-vous pu conquérir ce nouveau public ?

 

Tout est parti de façon naturelle et le talent a fait le reste. Au début, je faisais des concerts un peu partout à travers l’Europe mais à cause de mes études, le programme était devenu un peu compliqué. J’ai eu le C1 en allemand, ce qui m’a permis de poursuivre ma formation.

 

Qu’en est-il du prochain album ?

 

Il est en cours de réalisation, c’est un album de huit titres qui va beaucoup surprendre le public de part la musicalité. Il y aura un titre dédié à Cheik Moaz Ouédraogo, un homme de paix, un ami, un papa que j’admire énormément. S’il plaît à Dieu, l’œuvre sera disponible d’ici la fin de cette année ou en début 2025.

 

Quelle va être la particularité de ce nouvel opus ?

 

Je préfère garder la surprise. Ce qui est sûr, ça sera une métamorphose.

 

A quand le retour au bercail ?

 

C’est pour très bientôt.

 

Quel est votre message à l’endroit du peuple burkinabè ?

 

C’est un peuple de paix, d’amour et de tolérance. Ce sont des vertus qui doivent demeurer en nous. Etant un Burkinabè à l’extérieur, je ressens cette valeur venant du regard des autres.

 

Peut-on savoir votre quotidien ?

 

Comme je le disais, je finis ma formation cette année. Donc c’est l’école, le travail et la maison. Et je sors souvent pour me distraire et décompresser. Lorsque le temps le permet, je répète avec mes musiciens et j’honore certains concerts.

 

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

 

La musique burkinabè a beaucoup évolué favorablement sur le plan national et international. C’est vrai qu’il y a un travail qui a été réalisé mais il en reste encore à faire.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

(Il éclate de rire) … Je suis toujours célibataire, j’attends toujours ma moitié.

 

Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos pas dans la musique ?

 

Je ne serai pas tout à fait d’accord avec lui mais après tout c’est une passion et c’est difficile de s’en défaire. S’il insiste, je lui donnerai les conseils qu’il faut.

 

Quels sont vos vœux pour cette année 2024 ?

 

Je souhaite beaucoup de courage au peuple burkinabè et à nos FDS et VDP qui se battent au quotidien sur le théâtre des opérations pour l’intégrité territoriale et le retour de la paix. Je vous souhaite assez de bonheur et longue vie au Président Ibrahim Traoré.

 

Qu’avez-vous à dire pour conclure ?

 

Je vous dis merci du fond du cœur ainsi qu’a toute l’équipe de votre magazine pour avoir pensé à ma modeste personne et permettre au public d’en savoir davantage sur mon actualité musicale. Je profite dire merci à tous ceux qui continuent de me soutenir depuis le début de ma carrière. Le combat continue, je reviens très fort bientôt.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

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