Originaire de la province du Boulgou au centre-est du Burkina Faso, Hawa Boussim est une artiste- musicienne native de la localité de Kipoura. Fille d’une chansonnière, c’est auprès de sa génitrice, qu’elle apprit à chanter dès le bas-âge. Déjà en 2009, elle est sacrée lauréate au festival Kafozi à Zabré. « Koregore », « Modibore », « Dolada » sont, entre autres, des chansons cultes de son riche répertoire, qui l’ont fait voyager à travers l’Afrique, l’Europe et les USA.
A travers cette interview exclusive qu’elle a bien voulu nous accorder, l’artiste nous retrace son parcours, nous fait vivre quelques souvenirs de ses multiples concerts à travers le monde, nous parle de son sacre au Kundé en 2018, de son contrat avec Sony Music, de son quotidien, en soutenant que le milieu du show biz n’est pas facile. Elle jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè et aborde sans détour d’autres sujets croustillants. Lisez plutôt !

Evasion : comment allez-vous ?
Hawa Boussim : je vais très bien.
Comment vous êtes-vous retrouvée à chanter dès l’enfance ?
J’ai commencé à chanter dès le bas-âge aux cotés de ma mère qui était une chansonnière, mais elle n’a pas entamé une carrière professionnelle en sortant des albums. A la suite du décès de ma mère, j’ai continué à chanter dans les cérémonies de baptêmes et de grandes réjouissances ainsi que dans des festivals.
Que retenez-vous de votre première participation a un festival ?
C’était en 2009 au festival Kafozi alors que je portais une grossesse. Et parmi plusieurs candidats venus de divers horizons, j’ai été la lauréate en remportant donc le premier prix. C’est de là que ma chanson a commencé à être écoutée dans les villes. J’ai donc envoyé la chanson à Aly Veruthey qui a son tour l’a envoyée à Mascotte pour l’émission cocktail et ce fut la grande révélation. C’est une étape de ma carrière que je ne peux pas oublier.
Comment s’est passée la production de votre tout premier album ?
C’est Jean Pierre Boussim qui fut mon premier producteur. C’est lui qui m’a prise du village jusqu’à Ouagadougou pour le studio. La collaboration s’est bien passée mais dans le milieu artistique, il arrive souvent qu’on change de manager.
Qu’est-ce qui justifie votre séparation avec votre premier producteur ?
Il n’y a pas eu de bagarre entre nous. Le milieu du show-biz n’est pas facile.
Après lui, vous avez travaillé avec Issouf, Hono et Petit Jeanot puis vous vous êtes séparée avec eux également, n’êtes-vous pas une artiste difficile à gérer ?
Non je ne pense pas. Issouf est mon petit frère avec qui j’ai travaillé mais il est allé s’installer au Canada. Voilà pourquoi je me suis retrouvée sous la coupole de Hono avec qui ce fut une belle collaboration mais il n’avait pas trop le temps pour moi.
Qu’en est-il de votre contrat avec Sony Music ?
D’abord, c’est Anna Ballo de la RTI qui m’a fait partir à Abidjan pour un contrat. Ensuite quand Yves Zogbo Junior est venu aux Kundé ici à Ouaga, quand il a suivi ma prestation, il m’a programmée à l’émission « Afrique Etoiles » et ma musique était largement diffusée en Côte d’Ivoire. C’est ainsi que le responsable de Sony Music a écouté ma musique dans sa voiture et a contactée Anna Ballo, c’est elle qui m’a appelée et me faire partir à Abidjan pour le contrat.
Qu’est-ce qui s’est exactement passé avec ce contrat ?
Le contrat est arrivé à son terme comme tout contrat, et le représentant de Sony Music en Côte d’Ivoire est reparti en France.
Toutes vos sorties discographiques sont des succès. Quel est votre secret ?
(Elle éclate de rire) … Ce n’est pas une question de secret, c’est un don de Dieu. Et quand Dieu te guide, c’est lui qui ouvre les portes du succès.
Qu’avez-vous à dire à vos fans ?
Je leur dis merci pour tout. Je leur souhaite une longue vie ainsi que la prospérité afin qu’ils me soutiennent davantage.
En 2018, vous êtes sacrée Kundé d’Or, que représente ce trophée pour vous ?
C’est le résultat d’un travail de longue haleine. Cela me va droit au cœur. Encore merci à Jah Press et son comité d’organisation car après ce sacre, le trophée m’a encore ouvert d’autres, que ce soit au Burkina ou au plan international.
Quels sont les souvenirs qui vous ont le plus marquée à travers vos multiples voyages ?
Oui, c’est vrai j’ai tourné beacoup dans le monde pour des concerts. J’ai été au Canada, aux USA, en Allemagne, en Belgique, en France, en Italie, en Angleterre et bien d’autres pays européens et africains. Chaque étape est particulière et chaque concert m’a marquée. Il n’y a eu aucun incident et à chaque sortie, le public ; en chœur mon répertoire ; ce sont des instants qui font vraiment chaud au cœur.
A quand la sortie de votre prochain album ?
Le prochain album est déjà prêt. Nous nous activons pour la sortie officielle. Tout récemment, il y a eu l’album « Dounia » mais la manière dont le staff l’a géré, cela ne m’a pas plu car il faut respecter l’artiste. Voilà pourquoi j’ai dit de le mettre en stand bye et pour ce nouvel album, c’est une autoproduction. Je vais le piloter moi-même mais je suis ouverte à toute collaboration. Moi je n’ai aucun problème avec quelqu’un mais il faut être honnête envers moi quand tu veux travailler dans mon équipe.
Quelle sera la particularité de l’album qui va bientôt sortir ?
J’ai tout mis dans cet album. Il sort de l’ordinaire, et c’est un autre visage de Hawa Boussim que vous verrez dans cet album.
Peut-on savoir le nom de baptême de l’œuvre ?
Pour l’instant, je garde le suspens, et vous serrez informés au moment opportun.
Vivez-vous de votre art ?
Oui bien sûr ; je vis de mon art. Je ne fais rien d’autre que la musique. Je suis née dans la musique, elle est dans mon sang, donc elle ne pourra pas sortir de moi.
Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos pas dans la musique ?
Je ne vois pas de soucis à ce niveau. Je vais l’encadrer et l’accompagner. La musique est comme tout autre métier. Les enfants ont besoin qu’on les encadre et qu’on les dirige sur le bon chemin.
Quel est votre quotidien ?
Je suis très matinale. Après ma douche, je suis aux petits soins de l’enfant de ma belle-fille et ensuite ce sont les rendez-vous comme l’interview que nous réalisons présentement. Les jours à venir, ce sont des concerts à Garango et Léo ainsi que dans d’autres villes que je dois honorer. J’ai des quotidiens très chargés.
Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?
Je pense qu’elle se positionne très bien au fil du temps.
Qu’en est-il de vos rapports avec les autres artistes ?
Nous formons une même famille. J’ai toujours répondu présente à chaque fois qu’un artiste organise son évènement.
Qu’avez-vous à dire pour conclure ?
Merci à toute l’équipe d’Evasion sans oublier d’avoir une pensée spéciale à son fondateur à qui je souhaite une santé de fer. Merci à tout le peuple burkinabè et vivement que la paix revienne au Faso.
Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON
