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DONSHARP DE BATORO, ARTISTE MUSICIEN : « La Nature ne fait rien au hasard »

Surnommé le parolier, Donsharp De Batoro à l’état civil Seydou Batoro, est artiste musicien, slameur, producteur et maître de cérémonies bien coté dans la sphère du show-biz africain. Cela fait 18 ans que dure sa carrière musicale où il écume plusieurs scènes à travers le continent africain, ainsi que de prestigieuses scènes européennes tout en magnifiant l’art oratoire et la tradition orale africaine.

A travers cette interview qu’il a bien voulu nous accorder, le lauréat du double Kundé d’Or, originaire du Sanguié, nous décortique son projet « Wagali » qui a regroupé une vingtaine d’artistes, dévoile ses projets à venir pour 2026, donne sa vision de la musique et aborde sans détour d’autres sujets croustillants, sans oublier de révéler le secret de sa réussite. Pour lui, « la nature ne fait rien au hasard». Lisez plutôt !

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Donsharp De Batoro : Je vais très bien, je suis au meilleur de ma forme.

 

Quel bilan faites-vous de votre récent projet qui est « Wagali » ?

 

C’est un bilan très positif quand on sait que les genres musicaux prennent des années pour s’installer, et déjà à mi-parcours, sept mois, c’est déjà positif. L’on parle de plus en plus de « Wagali », nous sommes à sept clips déjà réalisés sur 26 chansons sorties. Il y a eu quelques prestations.

 

N’y a-t-il pas de difficultés majeures au niveau de la promotion pour une compilation de 26 chansons ?

 

Il peut y avoir une difficulté, mais l’objectif était de mettre le collectif au-devant. Chacun vient avec son genre musical dans l’objectif que ça prenne. La stratégie de « Wagali » était de sortir un collectif, l’union faisant la force, pour montrer plusieurs sonorités dans le même genre « Wagali », avec plusieurs voix et surtout plusieurs visages. Cela pour amener tout le monde à comprendre que ce concept est accessible à tous les âges ; c’est ce qui explique que la première compilation a enregistré 26 chansons pour 26 artistes.

 

Quelle sera la suite pour les mois à venir avec les sept clips déjà réalisés ?

 

Nous projetons d’obtenir une dizaine de clips, nous sommes en négociations avec certaines chaînes de télé pour avoir une playlist Wagali comme cela se passe sur plusieurs chaînes internationales. Ce partenariat avec les télévisions, sera pour la première fois dans l’histoire de la diffusion au Burkina, une playlist de notre projet. C’est avoir au moins en semaine, 30 à 40 minutes de diffusion de clips « Wagali ». Et après cette promotion, il faut envisager un grand concert en fin d’année pour fêter le premier anniversaire du projet. Ce sont des projets à venir. Mon coup de cœur est de pouvoir faire une conférence de presse, que ce soit à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso ou Koudougou ; l’idéal serait les trois villes, mais l’argent fait défaut, pour expliquer ce projet aux médias.

 

Pouvez-vous nous expliquer la petite histoire de la chanson « Faut pas » en featuring avec Shikamaru ?

 

Il faut dire que « Faut pas » est une chanson qui a été enregistrée en 2023, au regard des fléaux qui minent la société, surtout dans le milieu des jeunes, les produits prohibés, dans tous les coins du Burkina. Les jeunes s’adonnent à la consommation des boissons frelatées fortement dosées. Ce n’est pas de leur faute puisque c’est à leur portée et c’est moins cher, 100 F CFA le sachet. Vu les méfaits de ces boissons, il fallait créer une chanson à travers un style ; je m’amusais à rapper, et il y a Shikamaru qui était en studio avec nous ; il a écouté et a proposé un refrain. Mais il a fallu attendre 2025 ; j’ai appelé Shikamaru qui a fait le refrain et moi j’ai chanté. Je lui ai dit de faire une version mooré et il l’a faite d’un trait.

 

Et quelques jours après sa mise en ligne sur les plateformes numériques, vous avez franchi la barre du million de vues. Quelles sont vos impressions ?

 

Depuis sa mise en ligne, les réactions affluent. Que ce soit sur Facebook, YouTube, Tik tok, les interactions cumulées dépassent largement le million de vues. Je suis satisfait, le message passe. Et j’attends la fin du Mondial pour mettre les bouchées doubles pour la communication sur la chanson et le EP de 7 titres. Il y a également les challenges qui vont suivre.

 

Y’a-t-il d’autres projets en boîte ?

 

Oui, il y a un autre gros projet, il y a le « Nando Tour » qui est là avec pour objectif 100 dates. Sur ma page Facebook, j’ai diffusé une quarantaine de dates et il y a d’autres dates qui suivront ; donc c’est une grosse tournée pour permettre à la population reculée, de connaître DonSharp, de prendre des photos avec lui, de le voir pour une fois en prestation car j’y vais rarement et je pense qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Un artiste, quand il se veut endogène, c’est la racine, la proximité. Nous commençons la tournée cette semaine. En plus de cela, pour cette année 2026, vous allez vous attendre à un concert prestige VVIP. Le concert prestige qu’on a connu en 2018, a tout révolutionné ; il a ramené le prix des concerts à des prix respectant le statut de l’artiste à dix mille F CFA contrairement aux prix de cinq cent et mille F CFA. Et c’est ce même concert qui a amené les artistes à revoir une scénographie. C’était au CENASA, une salle qui sortait d’une rénovation impeccable avec pour Directeur général Zedess. C’est ce même concert prestige qui a pu mobiliser en une seule nuit, la somme de deux millions sept cent trente trois mille cinq cents francs CFA pour amener les dialyseurs acquis avec mon association « Oraf- Transplant » basée en France ; le matériel d’une valeur de plus de deux cent millions de nos francs a été acheminé à Bobo-Dioulasso. Ce sont des actions dont je parle peu car je suis de la génération qui appartient à l’éducation où quand la main droite donne, la main gauche n’est pas sensée savoir.  Et cette année, le concert prestige VVIP ira dans la salle la plus prestigieuse du Burkina Faso.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

 

Le juste vivra par la foi ; n’oubliez jamais que c’est l’arbre qui porte des fruits, qui est lapidé. Dites-vous que l’être humain est composé de deux fois invisible et une fois visible, il est corps, âme et esprit. Ce ne sont pas tous les coups reçus qui vous humilient. Que la paix de Dieu règne. N’enviez pas et ne jalousez personne, tels sont les secrets de ma réussite. Prenez la vie du bon côté et n’oubliez pas de faire la dîme. Ce qui fait que depuis 18 ans, je vais de grâce en grâce. Et en plus de cela, au lieu de rester dans ma zone de confort, de profiter des fruits de mes labeurs, de me complaire dans mes voitures, mes réalisations et mes voyages affichés de luxe, j’ai décidé de créer pour le Burkina Faso, un genre musical. Dans l’âme, je suis révolutionnaire ; le Burkinabè est capable d’avoir son genre musical urbain. Notre jeunesse peut aussi danser sur une sonorité propre à sa réalité, et l’Afrique dira un jour que c’est propre au Burkina. Quand des personnes vous donnent dix raisons de montrer que vous vous leurrez, par le travail, il faut leur montrer par mille raisons que vous avez raison.

 

Qu’avez-vous à dire pour conclure ?

 

Merci à Evasion. J’aimerais qu’on s’approprie «Wagali ». Mon souhait est qu’il entre dans le patrimoine musical du Burkina, le patrimoine matériel et immatériel, qu’on s’identifie à ce projet car l’objectif est de permettre à la culture burkinabè, d’avoir sa sonorité à elle. Mon souhait est qu’il croise l’assentiment de la population. C’est vrai que j’y ai mis beaucoup d’argent et mon énergie, mais c’est l’affaire du Burkina. J’ai mis ma carrière en berne pendant une année pour ce projet. Et ce qu’il faut retenir de très important, « Wagali » est le seul genre musical validé par le village Wagali situé à Zorgho au secteur 3, et qui existe il y a plus de 250 ans. Et ça s’écrit de la même manière. Coïncidence ou providence, la nature ne fait rien au hasard. Encore merci à Evasion.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

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