Portrait d'artiste

Soum Bill

De son vrai nom Soumahoro Mamadou, Soum Bill est né le 2 novembre 1972 à Aboisso au Sud Comoé, sud-est de la Côte d’Ivoire. L’histoire de cet artiste au talent pluridimensionnel, a débuté il y a plus de 30 ans de cela. La musique est innée chez Soum Bill. Car il est issu d’une famille d’artistes de par ses grands-parents. Son grand-père paternel était percussionniste et sa grand-mère, chanteuse traditionnelle. Tout démarre à Yopoungon Wassakara alors qu’il était encore au collège dans les années 1986-87. C’était au moment où le mouvement d’ambiance facile communément appelé « Wôyô » faisait rage. En 1989, il commence à bien flirter avec la musique au sein de son 1er groupe d’ambiance facile baptisé « Les Mini Chocs » de Yopoungon Wassakara. Il se forge aux côtés de ses aînés dans le domaine et avec certains membres de cette formation, il se démarque après pour créer « Les Garagistes ». Et  c’est au sein de cette nouvelle formation avec ses amis Popolaye, Féco et autres, qu’ils s’imprègnera véritablement de la chose musicale. La musique est devenue une véritable passion pour lui. Avec  cette formation, Soum Bill se bonifie et fait ses premières expériences dans un studio d’enregistrement. Avec ces derniers, il sort en 1992 l’album « Enfant chéri » qui connaît un succès mitigé. Très ambitieux, le jeune chanteur, inspiré autrefois par la musique reggae, veut révolutionner son Zouglou. C’est ainsi qu’il rejoint Bloko, Debengue et Colinze à  Yopoungon Sogefiha, précisément à « Salopards ». avec ces derniers, Soum Bill va connaître sa première expérience musicale véritable avec le premier album de sa carrière. « Bouche B » est le titre de cette œuvre. Et c’est le succès total. Il se retrouve du coup au sommet, passant de l’ombre à la lumière- dans cette formation pilotée par Bloko. Soum Bill brille néanmoins plus que tous, par son talent et la qualité de sa voix. Cette belle œuvre discographique est écoulée avec plus de 300 mille exemplaires. Un nouveau record dans le milieu des ventes d’album en Côte d’Ivoire. Cette belle expérience permet à Soum Bill et ses amis de se produire dans plusieurs pays, dont la 1ère édition du « Festival Panafricain de la Musique » de Brazzaville. Après le succès de « Bouche B » avec ses amis, ils retourneront en studio pour sortir en 1997 « Génération sacrifiée », leur 2e album. Cette nouvelle œuvre qui dérange de par ses textes poignants comme la première, est celle de la consécration du groupe avec plus de 200 mille exemplaires écoulés. Suivra « Pays perdu » qui ne connaîtra pas le même sort que les deux premiers albums avec la dislocation du groupe. Mais Soum Bill ne baisse pas les bras et se met en solo. L’enfant d’Aboisso, toujours inspiré, retourne seul au laboratoire et sort sa première œuvre discographique, « Zambakro ». Nous sommes en 2000 et l’œuvre qui décrit avec acuité la  situation du pays confirme le statut d’artiste engagé de Soum Bill. Cette œuvre de 8 titres est écoulée à plus de 80 mille exemplaires. Le succès n’est pas celui qu’il a eu, avec le groupe « Les Salopards », mais il ne baisse pas les bras et revient en 2002 où le pays connaît l’histoire la plus tragique de son existence, avec « Terre des hommes ». C’est l’œuvre de la confirmation et de la consécration du talent de l’artiste avec 12 titres très engagés où il ne va pas du dos de la cuillère avec les hommes politiques. Avec cette œuvre  sortie en pleine guerre, Soum Bill tourne à travers le monde entier, avec notamment 8 mois non stop en Europe et sur d’autres continents. Il reçoit à cet effet, le prix spécial lors des Kora Music Awards en Afrique du Sud où il est invité. Le 31 décembre 2003, alors qu’aucun artiste ne s’était encore aventuré dans ce qui était considéré comme le fief de la rébellion dans le temps, Soum Bill prend son bâton  de pèlerin et s’y rend. Malgré la profondeur de ses textes, en particulier celui du single « Libérez mon pays » avec  Yodé, Pat Sako et Petit Denis, l’artiste réussi à dompter le public de Bouaké. C’est une grande première depuis cette guerre qui a coupé le pays en deux. En 2008, Soum Bill revient avec « Que la lumière soit ». Une œuvre encore très bien inspirée ouvrant le Zouglou de Billy à d’autres influences musicales. Cette belle coloration nouvelle apportée à cette œuvre Zouglou lui procure une renommée internationale. Soum Bill sillonnera, avec cette production signée « Camaho Production » et « Ivoir Top Music », plusieurs grandes scènes dans des festivals et autres, tels que le « Kilimanjora » de Thonon-les-Bains, « Africa Festival » en Hollande, le festival «  Afronpfingten de Winterthur à Zurich, Washington, Dallas, Boston, San Francisco et autres. En 2013, c’est « l’escale » musicale de l’artiste où il livre un album 100% Reggae à ses fans. Après « Escale », une belle galette de 17 titres, il fait son come-back dans la sphère Zougloutique avec l’œuvre « Zougloumanity ». il fait voyager le Zouglou dans les hautes sphères avec des collaborations faites avec des icônes de la musique africaine telles que Didier Awadi du Sénégal, la jeune Daphnée du Cameroun et bien d’autres artistes. Toujours très inspiré, il y fait aussi clin d’œil à d’autres genres musicaux tels le Zouk et le Reggae à travers cette œuvre « Zougloumanity » de 17 titres. Depuis lors, il a aussi sorti plusieurs singles. Les  récents titres sortis, dont « Mon Confident » et Djarabila » et en 2022, un album de 18 titres, intitulé IMPERIAL qui continue de cartonner pour tenir en haleine son public. Son  grand concert marquant les 30 ans de carrière musicale  s’est tenu le 25 novembre 2022 à l’esplanade du palais de la culture de Treichville.

 

Evariste Télesphore NIKIEMA

 

 

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