Une étude publiée récemment suggère que l’acupuncture pourrait booster la récupération motrice après un AVC. Entre signaux encourageants et preuves fragiles, la place de cette pratique interroge.
Après un accident vasculaire cérébral, de nombreux patients gardent des séquelles motrices, comme une faiblesse persistante d’un bras ou d’une jambe, malgré des mois de rééducation. Ces limitations peuvent fortement impacter l’autonomie au quotidien et restent parfois difficiles à améliorer avec la seule kinésithérapie.
Dans ce contexte, certaines approches complémentaires comme l’acupuncture après un AVC suscitent un intérêt croissant. Cette technique issue de la médecine traditionnelle chinoise repose sur la stimulation de points précis du corps à l’aide de fines aiguilles. Dans une étude publiée récemment dans la revue CNS Neuroscience & Therapeutics, cette approche aurait permis d’améliorer la récupération motrice. Les chercheurs ont observé une amélioration des capacités de mouvement associée à des changements dans le cerveau, notamment une augmentation de la matière grise dans certaines zones impliquées dans le contrôle moteur, comme le gyrus frontal inférieur et le gyrus postcentral.
Reste une question clé pour les patients et leurs proches : ces résultats sont-ils suffisants pour faire de l’acupuncture un véritable outil de rééducation après un AVC ?
Comment l’acupuncture pourrait soutenir la récupération motrice ?
Cette étude a été menée sur 56 patients ayant eu un AVC. Elle a comparé deux groupes pendant deux semaines : l’un recevant une véritable acupuncture sur des points précis, l’autre une acupuncture « sham », réalisée sur des points fictifs. Résultats : seuls les patients du premier groupe ont montré une amélioration significative de leurs capacités motrices.
L’imagerie cérébrale a aussi mis en évidence des changements dans plusieurs zones impliquées dans le mouvement, notamment le gyrus frontal inférieur, le gyrus postcentral et le cervelet. « Ces modulations [cérébrales] peuvent améliorer l’initiation, l’exécution, le contrôle et la coordination motrice, représentant un mécanisme central potentiel sous-jacent à l’effet thérapeutique de l’acupuncture », ont écrit les auteurs.
Comment appliquer ces résultats à la vie réelle ?
Selon plusieurs revues systématiques, dont la Cochrane Database of Systematic Reviews, les études disponibles restent de qualité limitée et hétérogène, ce qui ne permet pas de conclure avec certitude à un effet de l’acupuncture sur la récupération motrice après un AVC. Certaines analyses retrouvent des signaux positifs sur la fonction motrice ou certaines capacités du quotidien, mais ces résultats ne sont pas confirmés lorsqu’ils sont comparés à des groupes placebo dits “sham”.
En pratique, l’acupuncture est donc surtout envisagée comme une approche complémentaire de la rééducation, en particulier après stabilisation de l’état du patient. Elle peut être proposée pour améliorer certains symptômes associés, comme la douleur ou la spasticité, mais ne se substitue pas à la kinésithérapie ni aux prises en charge validées de la récupération post-AVC.
Par La rédaction
