Au fil des semaines

RESULTATS DES EXAMENS SCOLAIRES: Il faut savoir raison garder

A l’exception des candidats au Baccalauréat qui entreront dans la danse le 18 juin prochain, et ceux qui sont au second tour, tous les élèves ayant pris part aux différents examens scolaires pour la session 2024,  connaissent désormais leurs résultats, pour ce qui est du cas particulier du Brevet d’études du premier cycle (BEPC). L’heure est donc à la moisson et le moins que l’on puisse dire, c’est que, dans ces circonstances, la chose la moins partagée est la sérénité. Et l’on comprend pourquoi : les résultats des examens n’ont plus seulement une signification scolaire mais ils ont des enjeux sociaux et économiques importants qui touchent les familles et la même la société tout entière. Mais aussi importants que soient les examens de fin d’année, l’on ne devrait pas verser dans la démence. Autant les gestes incontrôlés de joie consécutifs à l’admission aux examens ont été à l’origine de drames surtout à travers les accidents de la circulation, autant  le refus d’accepter l’échec a aussi conduit à des situations regrettables.  L’on garde tous en mémoire le souvenir douloureux de cette fille de 3e qui s’était suicidée, l’année dernière, à Bobo-Dioulasso, après son échec au BEPC. C’est donc le lieu d’interpeller les parents pour qu’ils sachent raison garder face aux résultats des examens de leurs enfants, notamment quand le succès escompté n’est pas au rendez-vous. L’échec à un examen n’est pas une fatalité. Il fait juste accuser, au pire des cas, un retard. Mais ce qu’il faut surtout voir, en pareilles circonstances, c’est la valeur à la fois  pédagogique et formatrice de l’échec pour les générations que l’école prépare à relever le défi de l’avenir.

 

La réussite de l’élève est le résultat d’une co-construction entre l’école et la famille

 

L’échec  scolaire est juste une erreur et non pas une faute qui a, par essence, une  connotation morale et donc passible de sanctions. Et l’erreur est pédagogique. Il y a même une pédagogie de l’erreur !   Cette pédagogie repose sur le principe que « l’erreur est humaine »  et qu’elle est parfois même bénéfique aux apprenants. En cas d’échec d’un enfant à un examen, l’attitude qui sied n’est donc pas de le blâmer mais de l’amener à tirer leçon de ses erreurs pour mieux faire la prochaine fois. Au plan purement humain, l’échec est formateur car il aguerrit face aux épreuves de la vie. Marcel PROUST a écrit à ce sujet qu’ « il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs ».

Du reste, les mauvais résultats des examens doivent être l’occasion pour les parents pour examiner l’accompagnement de leurs enfants dans les études. Il faut le dire. Certains parents ne se réveillent qu’à la veille des résultats aux examens de leurs enfants, oubliant que l’évaluation sommative n’est, en réalité, que l’aboutissement d’un processus qui commence dès le premier jour de l’école de l’élève. La réussite de l’élève est le résultat d’une co-construction entre l’école et la famille. Car, comme dit le proverbe, « une seule main ne saurait ramasser de la farine ». Plutôt donc que de blâmer l’enfant qui a échoué à son examen, portez un regard interrogateur sur votre responsabilité en tant que parents d’élèves.

Cela dit, gageons toutefois que le scenario de l’échec, c’est pour parer à l’imprévu. Car, l’école est faite pour réussir et le souhait est que tous les enfants en sortent nantis de connaissances requises soit pour poursuivre leur scolarité soit pour réussir leur insertion socio-professionnelle.

 

G.G

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