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RELATIONS AMOUREUSES: Ces 5 grands traits de personnalité sont le plus souvent liés au célibat à vie, selon la recherche

Une étude menée auprès de 77 000 adultes montre que certains traits des Big Five sont plus fréquents chez les célibataires à vie. Reste à comprendre ce que cela change pour leur bien-être. Le célibat à vie n’est plus une curiosité statistique. Le Bureau du recensement des Etats-Unis estime qu’en 2023, 46,4% des adultes étaient célibataires, et la part de personnes « jamais mariées » a atteint 32% des femmes et 37% des hommes, contre 22% et 30% en 1980. Dans ce paysage où fleurissent les « situationships« , décrites par Sara Forastieri Vicente comme « plus qu’une amitié mais moins qu’une relation engagée » impliquant « à la fois une intimité émotionnelle et physique« , la question se pose : certains traits de personnalité.

Une large étude publiée en 2024 dans la revue scientifique Psychological Science, a comparé plus de 77 000 adultes de plus de 50 ans, issus de 27 pays européens et d’Israël, en s’appuyant sur la base SHARE. Verdict : les célibataires de longue date se distinguent surtout par une extraversion, une conscienciosité et une ouverture légèrement plus faibles, ainsi qu’une satisfaction de vie un peu réduite. Mais les écarts restent modestes, et ne ressemblent en rien à un destin figé.

 

Célibat à vie et Big Five : ce que montre la recherche

 

Les auteurs ont défini plusieurs profils, dont les « lifelong singles » (jamais en couple engagé, ni mariés, ni en cohabitation) et les « jamais mariés« . Tous sont comparés aux personnes ayant déjà vécu au moins une relation stable. Les différences de personnalité se mesurent sur une échelle de 0 à 100 : les célibataires à vie affichent environ 6 points de moins en extraversion, autour de 3 points de moins en conscienciosité et en ouverture, et un peu plus de 4 points de moins en satisfaction globale de vie.

poussent-ils plus souvent vers une vie en solo ?

Pour comprendre ces résultats, les chercheurs se sont appuyés sur le modèle des Cinq grands traits de personnalité (Big Five) :

Extraversion : besoin de contacts, énergie sociale.

Ouverture : curiosité, goût de la nouveauté.

Conscienciosité : organisation, fiabilité.

Agréabilité : coopération, empathie.

Névrosisme : tendance à l’anxiété, à l’instabilité émotionnelle.

 

Extraversion, conscienciosité, ouverture : les traits les plus liés au célibat à vie

 

Sur l’axe social, les célibataires à vie apparaissent en moyenne moins extravertis. Six points de moins sur 100, ce n’est pas un gouffre, mais cela peut suffire à réduire les sorties, les prises d’initiative et donc les occasions de rencontre. La conscienciosité plus basse suggère un fonctionnement un peu moins structuré, qui peut compliquer l’organisation d’une vie de couple ou d’une cohabitation. L’ouverture légèrement réduite limite, elle, l’envie d’essayer de nouveaux contextes sociaux ou de nouvelles formes de relation.

L’agréabilité et le névrosisme attirent souvent l’attention du grand public, certains médias affirmant que les célibataires à vie seraient plus « compliqués » ou moins agréables. L’étude rapportée par le site de vulgarisation Big Think indique au contraire qu’en moyenne, ces deux traits ne diffèrent pas nettement entre personnes toujours célibataires et individus ayant déjà été en couple. Autrement dit, rester seul ne signifie pas être moins empathique ni forcément plus anxieux, même si des variations existent selon les pays ou les milieux.

 

Personnalité, contexte et satisfaction de vie : une relation complexe

 

Les personnes restées célibataires rapportent une satisfaction de vie globale un peu plus basse, un peu plus de quatre points en moins sur 100. L’écart est surtout marqué dans les sociétés où le mariage reste très normatif, ce qui laisse penser que le regard social et l’isolement pèsent autant que la personnalité. Les chercheurs notent par ailleurs que chez les hommes et dans les groupes aux revenus plus faibles, les différences de traits et de bien-être sont souvent plus prononcées.

Impossible de trancher le sens de la flèche : ces traits favorisent-ils une vie sans couple durable, ou bien des décennies de célibat modèlent-elles peu à peu la personnalité ? Les auteurs restent prudents et écrivent que « Les cohortes plus récentes diffèrent probablement des cohortes plus anciennes en termes de normes et d’acceptation du célibat, étant donné que l’importance du mariage pour le bien-être est en déclin, que plus de gens choisissent de rester célibataires, et que les cohortes plus jeunes rapportent une moindre importance du partenariat pour le bonheur. » Pour beaucoup, la vraie clé sera donc moins de « changer de personnalité » que de sécuriser un réseau social, des ressources et un mode de vie qui protègent la santé mentale, qu’ils choisissent le couple ou le célibat.

 

Par La rédaction

 

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