Au fil des semaines

POSE DE LA PREMIERE PIERRE D’UNE USINE DE TOMATES A BOBO-DIOULASSO: Du rêve à la réalité !

Ce week-end, le Président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a posé la première pierre d’une usine de transformation de tomates dans la ville de Sya. Cette usine qui sortira bientôt de terre, on peut le dire, est différente des autres unités industrielles du Burkina Faso car elle constitue la première réalisation de l’actionnariat populaire au pays des Hommes intègres. Et le moins que l’on puisse dire, est que ce rêve qui prend ainsi forme, est à saluer car il est né de la volonté des Burkinabè qui ont mobilisé par eux-mêmes le capital nécessaire à cet investissement. « Son génie créateur libéré, disait le président Thomas Sankara, le peuple burkinabè est capable de créer lui-même les fondements matériels de son avenir ». L’on peut donc se surprendre à rêver que la page de la quête inlassable des capitaux pour financer le développement industriel ou la recherche des investisseurs étrangers pour créer les entreprises au Burkina Faso, si elle n’est pas tournée, est pour le moins écornée. Et c’est en cela que cette première usine qui se réalise sur la mobilisation de l’épargne interne des Burkinabè, est une promesse d’avenir.

Par ailleurs, l’on peut aussi saluer le fait que cette nouvelle usine en construction, est une matérialisation du slogan si cher aux Burkinabè : « produisons et consommons burkinabè ». En plus donc de transformer les produits de l’agriculture burkinabè, en l’occurrence ici la tomate que les maraichers bradaient au bord des champs à des acheteurs venus des pays voisins ou qui pourrissaient même faute d’acheteurs, pour garnir  les tables à manger des populations locales, l’unité industrielle naissante permettra d’exporter sans doute vers le marché sous-régional des produits à plus forte value financière.

 

Cette usine est une expérience-test qui provoquera soit l’engouement des populations, soit leur désaffection

 

Au passage, les Burkinabè évitent l’exportation de leurs capitaux pour se ravitailler en produits importés de tomates. Dans la même dynamique de la satisfaction des besoins internes des populations, l’usine créera non seulement des emplois directs, mais aussi des emplois indirects à travers toute la chaîne de valeur de la production de la tomate au Burkina Faso. Enfin, cette usine viendra aussi sans doute renflouer les caisses de l’Etat à travers ses apports en impôts au Trésor public.

Cela dit, cette usine qui porte le plein d’espoirs pour les Burkinabè, est une expérience-test qui provoquera soit l’engouement des populations pour l’actionnariat populaire, soit leur désaffection vis-à-vis de ce mode de financement de notre économie. C’est pour cela que toutes les dispositions pouvant garantir le succès de cette première expérience, doivent être prises. Les Burkinabè gardent encore, en effet, le souvenir des entreprises à capitaux publics dont la gestion chaotique a révulsé plus d’un. L’exemple le plus énigmatique est sans doute celui de Faso Fani devenue entretemps la vache laitière des hommes politiques tant et si bien que l’entreprise a fini par mettre la clé sous le paillasson. Même si le statut de la nouvelle entreprise n’est pas le même que celui des sociétés d’Etat, la psychose demeure tout de même. En attendant donc de voir le mode de gouvernance de cette usine, on ne peut que formuler le souhait qu’elle ait de nombreuses autres petites sœurs et que de par la magie de l’actionnariat populaire doublée d’un renouveau de patriotisme économique, le paysage industriel connaisse une nouvelle floraison.

 

P.K

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