Au fil des semaines

FAUTES DE GESTION RELEVEES PAR L’ASCE-LC DANS DES MINISTERES ET INSTITUTIONS: Il faut sanctionner pour l’exemple !

Le 30 janvier dernier, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC a remis au chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, son rapport annuel 2022. Il convient, avant tout propos et dans la forme, de saluer la régularité de l’institution qui, depuis 2016, n’a pas encore manqué à son rendez-vous. « Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne », pourrait-on dire. Mais il est bon de rappeler que l’ASCE-LC a traversé, cette année une zone de turbulences qui aurait pu négativement impacter son efficacité.

Dans le fond, le rapport remis au président de la transition qui, d’ailleurs, avait invité l’institution à initier des missions de contrôle approfondi dans les structures de l’Administration publique, couvre les exercices budgétaires 2020 et 2021. Les contrôles réalisés par l’ASCE-LC ont porté sur la gestion financière et comptable de 21 ministères et institutions. Les domaines contrôlés sont la commande publique, les comptes de dépôt, les régies d’avances, le carburant et les lubrifiants, les frais de missions à l’intérieur et à l’extérieur du pays, les frais de voyage, les rétributions, les dons au bénéfice des personnes politiquement exposées. Et l’information principale qui résulte de ces audits est que la gestion des structures concernées est émaillée d’irrégularités  qui se sont soldées par près de 385 millions F CFA de pertes financières pour l’Etat. La question que l’on peut tout de suite se poser est la suivante : quelle suite sera donnée à ce rapport qui, en réalité, vient enfoncer une porte déjà ouverte ?

 

Le gouvernement doit prendre ses responsabilités en prononçant des sanctions administratives à l’encontre des délinquants en col blanc

 

Selon l’ASCE-LC, « 30 dossiers ont été transmis à la Justice concernant des agents publics, toutes catégories confondues, allant du simple agent au ministre ». L’on peut donc espérer que les agents incriminés dans ces malversations financières rendront compte et payeront pour les préjudices qu’ils ont fait subir aux contribuables. Mais encore faut-il que la Justice fasse preuve de célérité dans le traitement de ces dossiers et que l’impression d’impunité qui recouvre ce genre d’affaires, soit dissipée pour donner un avertissement sans frais à tous ceux qui confondent le Trésor public à leurs poches. Mais avant la Justice, le gouvernement doit prendre ses responsabilités en prononçant des sanctions administratives à l’encontre des délinquants en col blanc qui sont tapis dans les arcanes de l’Administration publique. L’on sait, en effet, que la pratique a souvent consisté, à les éloigner momentanément du plat, juste le temps que les gens oublient, avant de les ramener pour leur servir des mets encore plus alléchants. Cette pratique doit être définitivement bannie si l’on ne veut pas que les rapports de l’ASCE-LC se suivent et se ressemblent, c’est-à-dire qu’ils ne produisent l’effet de l’eau sur les plumes d’un canard. Mais le mieux que le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré puisse faire est de travailler à rendre impossibles les détournements des deniers publics. C’est donc en amont qu’il faut mettre toutes les énergies et cela ne relève pas d’un rêve. Car le 21ème siècle a révélé que les technologies de l’information et de la communication constituent un outil efficace au service de la bonne gouvernance et il appartient à l’Exécutif de développer en la matière toutes les initiatives au service de l’intérêt général. A titre illustratif, le ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENAPLN) qui cristallisait toutes les critiques en termes de missions, a développé un logiciel qui rend impossible toute double mission. Cet exemple peut et doit inspirer.

Cela dit, l’on peut faire une mention particulière au rapport 2022 de l’ASCE-LC qui est allé fouiller dans un domaine qui, jusque-là, relevait du top secret : il s’agit de la défense. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la Grande muette qui a longtemps bâti sa réputation sur la discipline et la rigueur ne développe pas ces qualités en matière de gestion des ressources mises à sa disposition. Sans rentrer dans les détails, la question que l’on peut se poser est la suivante : le capitaine donnera-t-il un coup de pied dans la fourmilière ? A défaut de pouvoir répondre à la question, l’on peut, tout au moins, espérer qu’il le fera. Car de la bonne gouvernance dans le secteur de la défense dépendent les résultats dans la lutte contre les groupes armés terroristes.

 

G.G

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