Solutions à nos problèmes

« Je suis condamnée à vivre avec le SIDA »

J’ai 30 ans. Je suis enceinte. C’est ma première grossesse et je viens de découvrir lors de ma visite prénatale que je suis séropositive. J’ai eu tellement peur ; et j’ai été si bouleversée après ces résultats médicaux que j’ai voulu me faire avorter. Mais avec le soutien des médecins, j’ai dû me résigner à vivre avec mon mari. Tout me dégoûte dans la vie. Je suis animée d’une grande peur. Je me dis que le SIDA et moi, c’est un rendez-vous qui est proche de la mort. Je me demande si l’enfant qui est dans mon ventre est viable. Aujourd’hui, tout ce qui me retient dans ce monde, c’est cet enfant que je porte en moi. Le père de l’enfant que je porte ne m’adresse plus la parole depuis l’annonce de la triste nouvelle, nous ne sommes pas mariés, on était copain-copine. Il vit chez lui seul et moi chez mes parents qui sont pauvres. Malgré l’insistance des médecins pour que mon compagnon fasse le test du VIH/SIDA, pour connaître sa sérologie, il refuse et me dit que c’est moi qui suis malade qu’il est en forme et ne ressent rien comme signe de maladie du SIDA. Je sais que je vais avoir de sérieux problèmes après, car cet enfant ne sera pas allaité, il sera donc nourri au biberon et avec mon salaire de 50 000 F CFA chaque fin du mois, je ne sais pas comment m’en sortir. Actuellement, je suis au 6e mois de ma grossesse et je commence à être déprimée puisque je sais que mon enfant peut naître avec le VIH/SIDA. Je prie Dieu que cet enfant naisse sans le virus du SIDA. J’aimerais aussi élever mon enfant en collaboration avec son père biologique. Je ne sais pas comment expliquer à mon papa et à ma maman que mon bébé ne sera pas allaité au sein. Mes parents sont vieux et je n’aimerais pas leur causer des soucis en leur disant que je suis atteinte de ce mal. Je ne vis plus, je ne dors plus et j’ai du mal à manger. J’ai besoin de vos conseils et de votre aide.

 

Une femme qui est mal dans sa peau.

 

Je comprends votre désarroi, votre réaction est tout ce qu’il y a de plus normal. Cependant, contre la maladie qui frappe indistinctement le riche ou le pauvre, personne ne peut hélas rien. Ne vous affolez surtout pas car le plus dur pour vous est passé, c’était les premiers mois de la grossesse ; dans trois mois, vous allez accoucher normalement sans problème, s’il plait à Dieu. Maintenant, vous devez doublement armer de courage et cesser de vous alarmer pour des choses qui ne vous arriveront sans doute jamais. Essayer plutôt de rassembler vos esprits, pour voir comment vous pouvez gérer au mieux votre situation, il y a des institutions, des centres et des associations pour vous guider, vous orienter et vous aider. Essayez surtout par ces canaux, de retrouver des personnes qui sont dans votre cas. Ainsi, vous vous sentirez moins seule d’abord, ce qui est très important pour votre moral. Essayez de vous renseigner au maximum, car très souvent, c’est l’ignorance qui tue. Beaucoup de personnes séropositives essaient de se rendre utiles auprès des personnes qui sont atteintes et cela fait beaucoup de bien moralement. Je sais que ce n’est pas évident avec les familles, mais vous n’avez pas besoin en ce moment de vous soucier du qu’en dira-t-on. Si vous n’avez pas la force de l’affronter, demander à votre médecin ou votre sage-femme de s’en occuper. Une maladie n’est pas honteuse. Vous n’avez pas choisi, c’est pourquoi votre copain ne vous méritait pas, il a agi comme un idiot, ce n’est pas un responsable. Au moment où vous aviez le plus besoin de son aide et de son soutien, il vous juge et vous condamne alors qu’il devrait vous aider à vous occuper du futur bébé. Vous n’avez pas conçu seule l’enfant, pour la paternité de l’enfant, faites intervenir vos parents et au besoin l’Action sociale ou même la Justice, même si vous devez faire des tests ADN. Ne vous inquiétez pas, il faut positiver les choses et vous verrez que Dieu ne ferme jamais une porte sans en ouvrir une autre. Mettez-vous en tête ceci : Ce n’est pas parce que vous êtes séropositive que vous allez mourir de sitôt, même avec ce virus, vous pouvez atteindre 80 ans voir plus avant d’être rappelée à Dieu. Il y a des gens qui traînent des maladies depuis plus d’une vingtaine d’années et qui vivent toujours et d’autres meurent accidentellement ou sans maladie.

Meilleure santé à vous, surtout beaucoup de courage et gardez toujours haut le moral, et bonne chance pour le bébé car il peut ne pas être atteint du VIH/SIDA.

 

NB : Nous vous rappelons que cette rubrique est la vôtre, Ceux ou celles qui ont, de par leurs expériences propres ou non, des conseils à prodiguer aux âmes en détresses, sont prié (es) de nous les envoyer. L’anonymat leur est garanti s’ils/ elles le souhaitent. Ils/elles  peuvent également déposer directement leurs courriers au siège des Editions « Le Pays », sis aux 1 200 Logements à Ouagadougou ou auprès de nos représentations dans les différentes provinces.

 

[email protected]

Tél.: (00226) 78 00 23 73

01 BP : 4577 Ouagadougou 01

BURKINA FASO

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