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DJ DOMI, ARTISTE- CHANTEUR, DISCK JOCKEY :« Les parents de Aïcha Trembler ne voulaient pas qu’elle me suive pour venir à Ouaga »

Lui c’est Dj DOMI ou le Mr Aïche Trembler. A l’état civil Dominique Leosgo, il est originaire de la ville de Koupèla, le chef-lieu de la province du Kouritenga au Centre-Est du Burkina. Né à Ouagadougou, ce passionné de la musique débute comme disc-jockey malgré la réticence des parents jusqu’au jour où son destin croisa celui d’Aïcha Trembler et va positivement bouleverser sa vie. A travers cette interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder suite à la sortie de leur single « Tchèkè ni malo ». L’artiste nous parle de son parcours, de sa rencontre avec Aïcha Trembler, dresse un bilan de sa carrière, aborde sans détour d’autres sujets, jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

 

Evasion : Comment allez-vous ?

Dj Domi : Je vais bien.

 

D’où vient cette passion pour la musique ?

Je suis un passionné de musique et cela depuis tout petit. J’ai eu un faible pour le métier de disc-jockey., ce qui a fait que je me suis finalement retrouvé dans ce milieu.

 

Avez-vous eu l’aval des parents pour ce choix ?

Au début ça n’a pas été facile. Et quand j’ai commencé à animer dans les maquis et les bars, les parents n’étaient pas du tout contents. Ils se disaient que ce n’était pas un boulot qui pouvait me permettre de m’en sortir. A un moment, ils ont accepté que je vive ma passion.

 

Au départ vous avez joué à la sourde oreille, êtes-vous un enfant têtu ?

(Il éclate de rire) … Non pas du tout. Quand on est passionné de quelque chose, on trouve toujours les moyens pour y parvenir.

 

Avec le succès, quel est le regard des parents sur toi ?

Ils sont fiers de moi et m’encouragent dans cette lancée parce que j’arrive à m’en sortir dans ce que je fais.

 

Pouvez-vous nous parler de cette journée où vous arrivez dans le village d’Aïcha Trembler pour votre animation ?

Je suis un Dj qui rentre même dans les villages les plus reculés pour des animations. C’était dans le village de Sin près de Safané, nous sommes allés pour un bal poussière. Il y avait le public et dans ce public, il y avait Adama et Yacouba qui sont des amis d’Aïcha. Ces deux aimaient me solliciter des dédicaces que j’enregistrais pour leur groupe qui est Pharaon. Ce jour, pendant le bal poussière, je citais Adama et Yacouba, j’ai remarqué une fille qui dansait avec ses épaules. Je leur ai demandé le nom de la fille et ils m’ont dit Aïcha. Et c’est là que j’ai commencé à chanter Yacouba, Adama, Pharaon, Aïcha Trembler. J’ai vu mes collaborateurs et nous avons lancé la vidéo sur les réseaux sociaux. Et tout est parti de là. Imilo a contribué en partageant sur sa page et m’a incité à rentrer en studio pour ce single à succès. Ensuite, je suis allé dans son village la voir mais ses parents ne voulaient pas du tout qu’elle me suive pour venir à Ouagadougou.

 

Comment avez-vous procédé pour débarquer avec Aïcha Trembler avec Ouagadougou ?

(Il éclate de rire) … Une belle question. Sa famille n’était pas d’accord. Elle a fui aller nous attendre dans un autre village. C’est là que j’ai appelé Imilo pour lui expliquer la situation. Et lui, à son tour, a appelé un juge pour savoir la conduite à tenir. Comme elle n’avait que 18 ans, on pouvait juste venir faire les émissions télé et repartir au village. Après les émissions, nous avons récupéré quelques dons et repartir voir sa famille. Et c’est là que nous avons eu l’accord de sa maman, son père ne vit plus. La rencontre avec Aïcha Trembler, c’est la main de Dieu.

 

La considérez-vous comme une collaboratrice ?

Je la considère plutôt comme une petite sœur.

 

Quel bilan faites-vous de ce parcours ?

Il est très satisfaisant car on ne s’entendait pas à un tel succès. On rend grâce à Dieu, il y a eu beaucoup de voyages en Cote d’Ivoire, au Tchad, en France et récemment à Dubaï et au Togo. Merci au manager Le Zulu car c’est lui qui coordonne tout.

 

Beaucoup d’artistes burkinabè voyagent hors des frontières sans leurs managers alors que vous ne vous déplacez jamais sans le vôtre. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

Moi, j’ai une autre manière de voir les choses. Dans la vie, il faut se vendre cher. L’artiste fait sa musique et le manager fait le travail. La présence du manager permet d’éviter certaines erreurs. Quand un promoteur nous invite, c’est toute l’équipe, c’est ça notre force.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

Je leur dis merci pour tout leur soutien, qu’ils continuent de soutenir le mouvement. Ce sont eux qui nous donnent la force de continuer.

 

Pouvez-vous nous parler du nouveau single ?

C’est Tchèkè ni malo que nous venons de lancer et qui est déjà apprécié à sa juste valeur. C’est une question de nourriture qui unit deux pays, la Côte d’Ivoire et Le Burkina Faso.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

Je suis célibataire.

 

Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos pas dans la musique ?

C’est normal que mon enfant suive mes traces dans la musique, je ne peux pas l’empêcher. L’essentiel est de le guider vers la bonne voie.

 

Pensez-vous que la musique burkinabè se porte bien ?

Je pense qu’elle se porte de mieux en mieux et c’est ensemble main dans la main que nous allons parvenir à toucher le bout du monde.

 

Pour conclure, quels sont vos vœux pour 2024 ?

Je demande d’abord la prudence en circulation. Quand les fêtes de fin d’année s’approchent, il faut vraiment être très prudent sur les routes. Bonne et heureuse année et que la paix revienne dans notre pays. Merci à toute l’équipe d’Evasion.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

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