Au fil des semaines

REDUCTION DES TARIFS D’EXAMENS DE SCANNER, D’IRM ET D’ACTES D’HEMODIALYSE: Une mesure qui sauvera des vies humaines

Le 13 mars dernier, l’hebdomadaire Conseil de ministres  a pris, dans le domaine de la santé, une forte mesure : celle visant à baisser les tarifs de certains examens jusque-là inaccessibles au commun des mortels. Il s’agit, notamment de l’examen du scanner qui passera d’un tarif moyen de 50 000 F CFA  à 25 000 F CFA soit une réduction de 50%, de l’IRM qui, lui aussi, passera de 100 000 F CFA à 40 000 F CFA soit une baisse de 60% et enfin de l’examen d’hémodialyse dont la caution exigée de 500 000 F CFA, sera purement et simplement supprimée. L’objectif de cette mesure qui vient soulager la bourse des malades et de leurs familles respectives, et sauver tout simplement des vies, est, selon le ministre de la Santé, de permettre à tous les Burkinabè d’avoir un accès équitable à des services et soins de santé de qualité. L’on comprend pourquoi la mesure a été chaleureusement accueillie par les malades et leurs associations qui peuvent pousser un véritable ouf de soulagement.

Cela dit, une chose est de prendre une mesure, une autre est de s’assurer véritablement qu’elle sera respectée sur le terrain et qu’elle aura l’impact escompté. Les craintes en la matière sont d’autant plus fondées que de par le passé, des mesures similaires ont été prises mais ont été galvaudées rapidement par des pratiques mafieuses de certains acteurs de la santé qui n’ont pas hésité à renier leur serment d’Hippocrate pour se faire plein les poches.

 

Il faudra faire en sorte que les plateaux techniques soient aussi accessibles au plus grand nombre

 

C’est le cas, par exemple, de la mesure portant gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, qui a été mise à rude épreuve par  des esprits malins qui ont trouvé le moyen de détourner les produits pharmaceutiques pour aller les vendre au marché noir.  C’est donc dire que si l’on n’ouvre pas l’œil et le bon, la baisse significative des coûts sera contournée par des  acteurs indélicats à la recherche du gain facile. La menace est d’autant plus à prendre au sérieux qu’il n’est pas rare de voir des  médecins des hôpitaux publics, exiger de leurs patients des examens à réaliser dans telle ou telle clinique ou dans  tel ou tel autre laboratoire. C’est dire donc que les malades peuvent être canalisés vers d’autres structures privées pour les mêmes examens dont les coûts ont été revus à la baisse sauf si l’Etat se donne les moyens d’imposer les mêmes tarifs partout.

En attendant de voir comment la nouvelle mesure se mettra concrètement en œuvre, l’on ne peut que féliciter le gouvernement de Maitre Apollinaire Kyelèm  de Tambèla pour cette initiative salutaire même s’il ne faut pas occulter le fait que ces examens n’étaient pas accessibles au citoyen lambda non seulement en raison des coûts exorbitants mais aussi en raison des difficultés d’accès géographique. Si l’on veut donc effectivement que cette nouvelle mesure se solde par un égal accès des populations aux services et aux soins de qualité, il faudra faire en sorte que les plateaux techniques soient aussi déconcentrés pour être accessibles au plus grand nombre. Rien, en effet, ne sert d’avoir l’examen du scanner à 25 000 F CFA s’il faut dépenser 25 000 F CFA pour rallier la structure sanitaire où l’examen peut se réaliser au risque même de perdre la vie en cours de route comme on le voit assez souvent.

 

G.G

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