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PRINCESSE FINA, ARTISTE-MUSICIENNE: « Nous devrons faire parler de notre Faso grâce à notre musique »

Née à Adzopé en république de Côte d’Ivoire, Princesse FINA est une jeune artiste- musicienne issue d’une famille d’artistes. Originaire du Centre-Est du Burkina Faso, sa génitrice, une excellente danseuse de djecka, marquera la petite Fina dès le bas-âge.

Infirmière de formation, la musique prendra le dessus et elle réalise son premier album « Sougrba » en 2025 qui la positionne dans la cour des grands.

En attendant la sortie prochaine de son nouvel album, l’artiste s’est ouverte à nous à travers cette interview exclusive. Elle nous parle de son parcours, décortique son nouvel opus, nous fait vivre des souvenirs de ses concerts en Italie, Allemagne, France et en Belgique, tout en abordant sans détour d’autres sujets croustillants. « Nous devrons faire parler de notre Faso grâce à notre musique », conseille-t-elle. Lisez plutôt.

 

Evasion : Comment allez-vous ?

Princesse FINA : Je vais super bien.

 

D’où vient cette passion pour la musique ?

Je suis issue d’une famille d’artistes. Mes parents chantaient, ma mère était une excellente danseuse de djecka, donc je pourrais dire que j’ai hérité de cette passion, d’eux. Mon enfance a été bercée par la musique.

 

Mais quelle a été la réaction des parents quand vous avez décidé de suivre leurs traces dans la musique ?

(Eclat de rire) … Au début, ils étaient contre mon choix de faire la musique mais avec le temps, ils ont accepté et m’ont prodigué des conseils et donné leurs bénédictions. Et je profite de l’occasion pour leur dire un grand merci. Je dis merci également à mon oncle qui fut le premier à financer mes premières productions, je pourrais dire que c’est ça même qui a amené mes parents à donner leur accord.

 

Qu’est-ce qui justifie votre choix du registre tradimoderne aux influences djecka, contrairement aux jeunes artistes de la nouvelle génération qui optent le plus souvent pour les musiques urbaines ?

Je crois que c’est notre identité culturelle et il faut la valoriser. Personne ne le fera à notre place. Nous les artistes, nous sommes comme des ambassadeurs ; et à travers nos différents voyages au-delà des frontières, nous devrons faire parler de notre Faso grâce à notre musique et le choix du style est très important.

 

Pouvez-vous nous parler de « Sougrba » qui est votre premier album et qui vous a révélée au grand public ?

C’est un album qui a été enregistré ici à Ouagadougou, en 2025, sous la direction artistique de Sam Zongo Etienne. « Sougrba » veut dire « Faites pardon » en langue bissa. A travers cette chanson, j’interpelle ceux qui laissent leur épouse et vont à l’aventure. Ces dernières sont le plus souvent confrontées à des difficultés familiales.

 

Quelle a été la difficulté majeure liée à la sortie de ce premier album ?

C’était au niveau de la promotion. Lorsque l’album sortait, j’entrais au centre de formation, j’étais à cheval entre Ouagadougou et Tenkodogo, ce qui fait que c’était vraiment difficile de me concentrer sur la communication de l’œuvre.

 

De quelle formation parlez-vous ?

(Eclat de rire) … Je suis infirmière de formation.

 

Avez-vous rangé votre parchemin d’infirmière ?

On peut dire oui mais avec le temps, je pourrai conjuguer les deux métiers. Tout dépend de Dieu.

 

Pouvez-vous nous parler de votre nouvel album qui sort bientôt ?

C’est un album qui va bouleverser la hiérarchie, il est baptisé « Bouss dunia zarboh », ça signifie en bissa « L’argent a détruit le monde ». C’est une œuvre mature et très variée avec des retouches de certaines sonorités qui feront le bonheur des mélomanes. J’aborde les faits de notre vécu quotidien tels l’amour, le pardon, la paix et la vie de couple.

 

Contrairement au premier album qui est une autoproduction, comment s’est faite la rencontre avec Kaf Manadja qui est le producteur de ce deuxième opus ?

C’est une longue histoire. Tout d’abord, j’ai fait la connaissance de Kenzo sur Facebook et quand nous nous sommes rencontrés quelques mois après à son bureau, il a écouté mes chansons et m’a confiée à Kaf Manadja.

 

 

Etes-vous satisfaite de votre parcours ?

Oui, je suis très satisfaite de mon parcours. Pour un début de carrière musicale, j’ai déjà sillonné l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la France et bien d’autres.

 

Et quels souvenirs gardez-vous de tous ces voyages ?

Ce sont de merveilleux souvenirs. Chaque concert procure des sensations fortes face à un public que vous voyez pour la première fois. Merci aux promoteurs qui me font déplacer de l’Afrique pour des concerts en Europe.

 

Quels sont vos projets ?

C’est d’abord la sortie du nouvel album. Ensuite, il y aura des tournées et bien de surprises que je préfère ne pas dévoiler pour l’instant.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

Je leur dis merci pour leurs soutiens multiformes depuis le début de ma jeune carrière. Que ce soit en Côte d’Ivoire, dans les autres pays et ici au Burkina, ils sont restés solidaires à mes côtés. On fera de grandes choses ensemble.

 

Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos pas dans la musique ?

Je ne vais pas lui interdire cela, chacun a son choix et si j’ai les moyens, je vais le soutenir. C’est une question de destin.

 

Quel est votre mot de la fin ?

Je remercie mon staff, merci à toute l’équipe de la rédaction pour tout ce que vous faites pour la culture. Et à très bientôt pour le nouvel album.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

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