Portrait d'artiste

HAWA DRAME

Hawa Dramé, surnommée « Djeli Massiri  Bali », est une chanteuse malienne native de Kolonko Toumou situé dans le cercle de Macina. Elle est issue de la grande lignée des griots « Dramé » communément appelée « Souraka Djeli ». Elle est élevée dans un premier temps par un ami de son père après le décès de celui-ci, à Macina jusqu’à ses 12 ans. Elle a été ensuite emmenée à Ségou par Mastan Koné et a vécu dans la grande famille de Baba koné à Ségou jusqu’à son premier mariage. Hawa Dramé tient le don du chant de sa mère Doussou Koné qui était l’une des chanteuses bamanan les plus réputées de la région de Ségou. Dès son jeune âge, elle accompagne sa maman dans la plupart des villages de la région tels que N’konifébougou, Tinéma, Sirakoro et N’tchi. Elle participe à l’âge de 14 ans à la création de Mali Denw et est initialement retenue pour interpréter la chanson représentante de la région de Ségou lors de la semaine de la jeunesse, mais pour des obligations familiales, la chanson est alors interprétée  par  une autre chanteuse. Après son premier mariage, elle est sollicitée par Alimou Sissoko, maire de Ségou à l’époque, pour différentes manifestations et cérémonies dont la venue du président camerounais Amadou Ahidjo où elle fait sensation et remporte un grand succès. Ce jour là, elle est repérée par Mokontafé Sadko qui est subjuguée par sa voix et la maîtrise de la jeune chanteuse. Après cette remarquable prestation, elle participe à la plupart des grandes cérémonies à la fin des année 1960 jusqu’à intégrer l’Ensemble instrumental national du Mali, formation dans laquelle elle enregistre la toute première chanson qu’elle a chantée étant plus jeune « Zazuru », un chant dédié aux grands guerriers. En 1977, elle enregistre la majeure partie du récital Dah Monzon à la radio Mali, avec l’Ensemble instrumental du Mali et la même année, elle participe au Festival mondial des arts nègres à Lagos. La majorité de son répertoire est tirée des chants bamanan appris aux côtés de sa mère et quelques Badjourou appris par Penda Danté, Hawa Koné et Garanké Gounédy de Dougounikoro. Durant toute sa carrière, elle n’a cessé de mettre en valeur la musique bamanan de Ségou tels Garba Mama, Danaya Ma, M’baoudi, N’djarou, Makari, Nantan, Karata, Barani Saba, Dakali, So Danso, Niongon Mari et la liste est longue. Elle a reçu plusieurs distinctions au cours de sa carrière parmi lesquelles :

  • en 1980, le prix du meilleur artiste du Mali,
  • En 1990, le prix du meilleur artiste décerné par les Nations unies.

 

Cette distinction lui a permis de participer, en tant qu’observatrice, à  la conférence de Diepa organisée à New Delhi (Inde) entre le 10 et le 14 septembre 1990 sur la protection de l’environnement (conférence for global consultation in Safe Water an Sanitation for the 1900’s). A noter qu’elle était la seule artiste choisie dans  ce cadre.

 

  • En 1996, elle obtient la Médaille de l’ordre du mérite national.

Elle est décédée en 1996 de suite d’une crise cardiaque. Elle est la maman de la chanteuse Fanta Souroukou qui réside en France.

 

 

Evariste Télesphore NIKIEMA

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