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GENERAL TCHOUTCHOUBATCHOU, WEB-HUMORISTE: « J’ai acheté une voiture que je ne pensais pas, un jour, posséder »

Né et grandi à Abidjan au quartier Cité Fermont, Général Tchoutchoubatchou à l’état civil Abdou Kéré, est un web-comédien originaire de la province du Boulgou au Centre-Est du Burkina Faso. Passionné des arts depuis la tendre enfance, c’est après l’obtention du Bac en 2015 qu’il débarque à Ouagadougou pour des études en géographie à l’université Joseph Ky Zerbo. Aujourd’hui, il fait partie des stars africaines du net.

A travers cette interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder, il nous parle de son parcours, de ses premiers trophées, de ses projets, de son quotidien,  de son premier gombo en se réjouissant d’avoir acheté une voiture qu’il n’espérait pas posséder un jour. Il aborde sans détour d’autres sujets croustillants et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

 

Evasion : comment allez-vous ?

 

Général Tchoutchoubatchou : je vais bien.

 

Quelle est la petite histoire de ce surnom Tchoutchoubatchou ?

 

Déjà ça ne signifie rien, beaucoup de gens me posent la même question. Je me suis dis comme je dois faire rire, il faut que je trouve un nom un peu drôle, bizarre et qui fasse marrer rien qu’à l’entendre. J’ai cherché et j’ai trouvé Tchoutchoubatchou, c’est ainsi que c’est parti et j’ai ajouté Général.

 

D’où vient cette passion pour les arts ?

 

C’est depuis que j’étais tout petit ; je suis né à Abidjan et je me suis dit qu’il fallait que je rentre au pays, Ouagadougou qui est la capitale du cinéma. Je regardais les séries burkinabè que j’adorais, par exemple « Les Bobodiouf », Souké et Siriki m’ont beaucoup inspiré dans les années 2000. Je suivais également « 3 femmes 1 village ». C’est ainsi que je suis arrivé au Burkina pour faire comme eux. Etant à l’école, beaucoup de mes camarades rêvaient de travailler dans un bureau alors que moi je me disais que si je devenais grand, j’allais partir jouer dans les films au Burkina. Et quand j’ai eu le Bac, je suis rentré au Burkina, j’ai commencé les études à l’université Joseph Ky Zerbo. Par la même occasion, j’ai fait une formation en jeu d’acteur avec la structure du réalisateur Abdoul Bagué et en humour avec Prospère Compaoré à l’ATB. Ensuite j’ai fait des castings et joué dans des films et séries. Après je me suis dis qu’il n’y a pas de comédie sur la toile, vu que je suis un peu créatif, je me suis dit pourquoi ne pas écrire et les transformer en vidéo et publier sur la toile pour que les gens voient et puis partager.

 

Et c’était en quelle année ?

 

On était en 2017 et je n’avais pas de page, je publiais sur mon profil Facebook. Quand la première vidéo a pris, j’ai décidé de créer une page et c’est comme ça que tout est parti jusqu’aujourd’hui.

 

Du cinéma au web-humoriste, est-ce parce que le cinéma ne vous nourrissait pas ?

 

 

Moi, la comédie c’est une passion, je ne m’attendais pas à l’argent. Pour moi, c’était de faire quelque chose que j’aime et les gens vont me connaître, c’était ça à la base. Même dans les films où j’avais joué, je ne m’attendais pas à toucher de l’argent. Sur la toile, il m’a fallu plusieurs années avant d’avoir gain de cause. J’y injectait mon argent. Etant étudiant, je travaillais dans une boutique pour joindre les deux bouts et c’est avec ce que je gagnais que je faisais la production de mes vidéos. A ce moment, ma page n’avait pas trop d’abonnés, donc personne ne me contactait pour des publicités. J’ai évolué ainsi pendant presque trois ans sans toucher même 5 francs.

 

C’est à partir de quand vous avez décroché votre premier gombo ?

 

Le premier gombo est arrivé en 2019. C’était une somme dérisoire, ça tournait entre 50 et 100 mille francs CFA. Ensuite il y a eu un deuxième gombo, là-bas c’était un partenariat à long terme, on a signé pour une année et je crois que c’était en 2020.

 

Peut-on savoir à combien était évalué ce contrat juteux ?

« Il éclate de rire » … Franchement je n’aime pas donner les chiffres. Pour quelqu’un qui touchait 40 mille francs par mois dans une boutique, et qui se retrouve à toucher plus de 500 mille, ça représentait des millions pour moi.

 

Et c’est ce qui vous a poussé à vous intéresser à la publicité ?

 

C’est à partir de mon premier contrat que tout est arrivé. Aujourd’hui, quelqu’un est premier dans son domaine et des concurrents arrivent. Quand j’ai eu mon premier partenariat, les autres se sont dit qu’on pourrait faire la pub sur les réseaux sociaux. Par la suite, on s’est rendu compte qu’il y avait de l’argent sur la monétisation, c’est-à-dire que les vues sur les réseaux sociaux sont rémunérées, c’est entre 2020 et 2021 que j’ai appris cela, il y a Facebook, YouTube et autres.

 

Quels sont vos grands projets ?

 

Mon grand projet, c’est d’abord le cinéma ; c’est la base, et mon rêve depuis que je suis tout petit. Mais ce que nous faisons, c’est à moitie le cinéma. Acheter le matériel nécessaire et réaliser des longs métrages, des séries de plusieurs épisodes, créer des chaînes YouTube pour faire des productions cinématographiques et pourquoi pas un One Man Show.

 

Et à quand ce One Man Show ?

 

C’est un projet en cours et nous n’avons pas donner une date précise. Quand tout sera prêt, la date sera dévoilée.

 

Vous remportez le premier prix du Meilleur Influenceur en 2022 à Lomé, que représente ce trophée pour vous ?

 

Avant cela, il y avait le trophée de 100 mille abonnés qui était le tout premier trophée important pour moi en 2021. C’est la plus grosse fierté pour moi car les gens disaient que ce n’était pas possible d’avoir de milliers d’abonnés en quelques mois, et moi je l’ai fait. Ensuite il y a eu Lomé et Abidjan pour le trophée du Meilleur web-comédien africain. Ce sont des sentiments de fierté.

 

Tout semble rose mais quelle est la difficulté majeure d’un jeune influenceur comme vous ?

 

C’est au niveau du matériel nécessaire pour le tournage. Mais cette difficulté c’était plus au début de ma carrière.  Au début je n’avais pas un téléphone performant, il fallait chercher quelqu’un qui avait une camera pour faire le travail et le payer. On souhaite toujours acquérir du matériel sophistiqué comme à Hollywood ou Netflix pour faire des merveilles.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Il y a des jours où on est au bureau pour des montages, souvent sur des plateaux de tournages, en train de réfléchir à des idées de scenarios, il y a des rendez-vous pour des interviews. Après tout cela, j’ai eu une vie de famille, je suis marié, j’ai des enfants, je reste aussi à la maison auprès d’eux et passer du temps avec ma femme.

 

Justement quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de deux enfants.

 

Que feriez-vous si l’un de vos enfants décidait de suivre vos pas dans le show-biz ?

 

Ça ne me dérange pas parce qu’il y a de l’argent dedans. J’en suis la preuve vivante. J’ai acheté une voiture que je ne pensais pas un jour posséder. Si j’ai pu faire cela, c’est qu’il y a de l’argent dedans. C’est un travail comme le fonctionnaire qui est dans son bureau.

 

Avez-vous donc rangé vos études de géographie dans les tiroirs ?

 

(Il éclate de rire) … Ça, c’est déjà rangé après deux ans d’études seulement. Dieu merci j’ai réalisé ce que je voulais faire dans ma vie, ma passion qui est devenue un métier à temps plein pour moi.

 

Qu’avez-vous à dire à vos millions de fans ?

 

Je dis merci à toutes ces personnes qui me font confiance parce qu’elles sont toujours là quand je publie des vidéos. C’est ce qui me motive. Merci à tous ces fans qui me suivent à travers le monde entier. C’est grâce à eux que je suis inspiré.

 

Quels sont vos rapports avec les autres comédiens ?

 

Ce sont de bons rapports. Par exemple La Jaguar, c’est quelqu’un avec qui j’ai fait mes toutes premières vidéos en 2017, jusqu’à présent on a de bons rapports. Je suis ouvert à tous ceux qui m’approchent. J’ai collaboré avec Beckham 1er, Karim La Joie et d’autres web-comédiens.

 

Pour terminer, qu’avez-vous à dire à nos lecteurs ?

Je dis merci aux « Editions Le Pays » et à toute l’équipe d’Evasion. C’est la toute première fois que je passe dans un journal physique. Encore merci, je vais en acheter et encadrer comme un trophée.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

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