Fely’s à l’état civil Félicité Siomda est une jeune artiste musicienne née à Bobo-Dioulasso où elle a grandi mais est originaire du Sud-Ouest du Burkina Faso plus précisément de Ouessa. C’est en 2013 qu’elle débarque à Ouagadougou pour débuter sa carrière professionnelle en tant qu’artiste.
Styliste-modéliste de formation, cette fine voix de la musique burkinabè et transfuge de l’école de musique School of music de la ville de Sya est auteure, de deux albums, « Ma récompense » en 2015 et « La confirmation » en 2018 et un single « Destin scellé » en 2020. A travers cette interview qu’elle a bien voulu nous accorder, l’artiste parle de ses projets, jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè, lève le voile sur sa situation matrimoniale et aborde sans détour d’autres sujets. Lisez plutôt.
Evasion : comment allez-vous ?
Fely’s : je vais très bien même si nous sommes dans cette période de coronavirus où rien ne bouge. On essaie de tenir le coup.
Qu’est-ce qui justifie le fait que vous êtes très active sur les réseaux sociaux ces temps-ci ?
(Elle éclate de rire)… C’est l’ennuie que nous vivons actuellement à cause du Covid-19. Avec le couvre-feu, quand on est coincé à la maison, on essaie de décompresser un peu et aussi donner des nouvelles à nos fans comme il n’y a plus de spectacles.
Le couvre-feu et le confinement t’ont-ils inspirée pour la composition de nouvelles chansons ?
Au début avec la psychose, je n’étais pas inspirée. L’inspiration y est actuellement avec l’habitude et de nouvelles chansons sont en cours de préparation.
Etes-vous satisfaite du bilan de votre jeune carrière ?
Je ne dirai pas très satisfaite, juste un peu. Je ne suis pas à un niveau très élevé, je cherche toujours à monter. Mais je rends grâce à Dieu car il y a des artistes qui ont une longue carrière plus que moi mais qui ne sont pas autant connus comme moi. J’arrive à faire plaisir à mes nombreux fans et c’est l’essentiel.
Vivez-vous de la mode ou de la musique ?
Je peux dire que je vis des deux. La mode et la musique demandent de la création et moi j’aime créer.
Quelle est la difficulté majeure d’une jeune artiste comme vous ?
Avec le regard extérieur, les gens pensent que tout est rose pour moi alors que les difficultés ne manquent pas. J’attends, par exemple, la bague au doigt, ça c’est la vie privée de l’artiste mais sur le plan professionnel, la difficulté majeure réside dans la promotion tant au plan national qu’international.
Et quelle est votre situation matrimoniale ?
Je suis célibataire sans enfant.
Ne pensez-vous pas que les filles artistes sont difficiles à draguer ?
C’est ce que les gens disent. Ils disent que nous croisons beaucoup d’hommes, ils pensent que nous sommes des femmes légères. Je dis non, chacun a sa manière de voir les choses. Il y a des filles qui viennent dans la musique pour autre chose. Quand une fille a un talent pour la musique, elle n’y vient pas pour se faire draguer. Une fille artiste doit savoir garder sa dignité et je ne pense pas que nous soyons difficiles à draguer. C’est le fait d’être célèbre qui effraie les hommes.
Vous êtes jeune, belle et célèbre mais toujours célibataire. Le problème ne vient-il pas de vous ?
(Elle éclate de rire)… Non pas du tout. Peut-être que c’est le jour qui n’est pas arrivé.
Il paraît que vous cherchez les hommes riches, qui sont pourtant mariés ?
Non, je ne crois pas à ça. Une femme battante ne cherche pas forcément un « gourou ». Mais une fille ne cherchera pas aussi quelqu’un qui ne fera pas son affaire.
Quels sont vos projets ?
Je suis actuellement sur le plateau du tournage du clip de mon album « Destin scellé » et après la pandémie, c’est la promotion qui sera ma principale action.
De quoi parle cet album « Destin scellé » ?
Il parle d’amour. Vous savez que je suis très sentimentale.
Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?
Je pense que si nous repartons quelques années en arrière, on n’était pas à ce niveau. Je vois que la concurrence est vraiment rude maintenant. Il y a des talents qui naissent chaque jour et le Burkina est sur la bonne voie. Je pense que ça va aller.
Quel est votre quotidien ?
Quand je n’ai pas d’activités musicales, je suis dans mon atelier de couture ou en ville pour mes affaires.
Quel est votre message à l’endroit de vos fans ?
Je leur dis merci pour leur soutien continuel. Je leur demande de continuer à aimer ma musique. Je vais donner le meilleur de moi-même.
Qu’avez-vous à dire pour conclure ?
Merci beaucoup à vous pour tout ce que vous faites pour la musique burkinabè. Que Dieu bénisse abondamment votre journal. Les artistes ont vraiment besoin de cette visibilité et la presse fait ce qu’elle peut.
Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON