Au fil des semaines

CIRCULATION URBAINE EN DEBUT DE RENTREE SCOLAIRE: Prudence !

Depuis hier, 2 octobre 2023, l’école a repris ses droits au Burkina Faso. Elèves, enseignants, parents, administration, etc., chacun est reparti à la tâche. Il reste à souhaiter que les fruits de cette année scolaire et académique, tiennent la promesse des fleurs. Pour qu’il en soit ainsi, il y a des attitudes, à la fois individuelles et collectives, à adopter dans tous les compartiments de la vie scolaire.

Aujourd’hui, notre propos concerne la circulation urbaine pour les élèves. En effet, pour se rendre dans leurs établissements respectifs, chaque élève utilise le moyen qui est à sa portée : pieds, vélo, moto, véhicule, transport en commun, etc. Et tout le monde n’est pas logé à la même enseigne dans une circulation urbaine « folle » (celle de Ouagadougou par exemple) et qui constitue un véritable enfer pour tout usager, surtout quand il s’agit d’enfant.  Et cet enfer a de multiples raisons.

Primo, les grandes villes du pays des Hommes intègres sont envahies par les engins à deux-roues, vélos comme motos. D’où, d’ailleurs, le surnom collé à la ville de Ouagadougou : « capitale africaine des deux-roues ». Cela s’explique par le fait qu’acquérir son propre engin, est un phénomène culturellement ancré chez les Burkinabè si fait que, malgré la sensibilisation et les investissements opérés, le transport en commun  semble peu emballer les Burkinabè.

Secundo, selon les données disponibles auprès de la Direction générale des Transports, chargée des immatriculations, près de 3 millions de motocyclettes sont enregistrées chaque année. Laisser circuler des millions de motos dans les rues, en général, très étroites de la capitale, engendre des désagréments dont les accidents. A titre d’exemple, sur 7 000 accidents enregistrés à Ouagadougou, en 2019, les engins à deux- roues sont impliqués dans plus de 6 700 cas.

 

Un changement de paradigme est nécessaire

 

Tertio, la plupart des accidents sont liés à une méconnaissance du Code de la route ou au refus de le respecter, de la part de certains usagers. Dans une société où l’incivisme a pignon sur rue,  où l’on a de la peine à respecter les panneaux de stop, les feux de signalisation, le port du casque, la limitation de la vitesse… bonjour les dégâts ! Nonobstant la mobilisation des forces de sécurité et des volontaires adjoints de sécurité, il est toujours difficile de faire entendre raison à beaucoup d’usagers de la route dans une ville comme Ouagadougou.

Dans un tel capharnaüm, comment protéger les élèves des dangers de la circulation ? Il faut de la prudence. Et cela interpelle parents, élèves, usagers de la route, enseignants et encadreurs, services de l’Etat, etc. Ici, il n’est pas superflu d’indexer en premier lieu la responsabilité des parents. Ne dit-on pas « aide-toi et le ciel t’aidera » ? En effet, c’est aux parents de montrer aux enfants les codes de bonne conduite dans la circulation. Le hic, c’est que nombre d’entre eux ne font pas toujours preuve de responsabilité. Non seulement ils achètent des motos à grande vitesse pour leurs gosses, mais aussi ils ne prennent jamais le temps de s’intéresser à l’usage que fait l’enfant de son engin.

Quant aux enfants, loin des yeux de leurs géniteurs, ils deviennent parfois des cascadeurs sur les routes déjà exigües par lesquelles chaque usager doit s’efforcer de se frayer un chemin. Avec les boissons alcoolisées et autres stupéfiants, beaucoup d’élèves deviennent de véritables dangers pour les autres usagers de la route.

Par ailleurs, c’est à l’Etat de s’assumer jusqu’au bout. Il doit contraindre les uns et les autres au respect strict des règles en matière de circulation, surtout en ce moment où les enfants ont repris le chemin des classes. Certains n’hésitent pas à dire que le Burkina est le seul pays de la sous-région où l’on prend des mesures en matière de circulation et qu’on refuse d’appliquer. Cela n’est ni totalement vrai, ni totalement faux. Un changement de paradigme est nécessaire pour préserver la vie et la santé des bâtisseurs du Burkina Faso de demain.

 

N.N

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