Dis-moi tout

:« Quand on n’a pas de producteur ni de mécène, on est appelé à tout faire avec les moyens du bord »

Miss Wédra à l’état civil Hawa Ouédraogo est native de la commune de Gourcy dans la province du Zandoma. Auteur de deux albums et plusieurs singles à succès, c’est en 2008 qu’elle s’essaye dans la chanson avec son single « Crimador » dans le registre coupé-décalé. En 2012, son album « Faso drapeau » l’a révélée au grand public et l’a placée sous les feux des projecteurs. Suivra ensuite son single « Zounogo » qui connaîtra également un autre succès. En 2016, Miss Wédra réalise son second album ayant pour titre éponyme « Collé serré ». En juin 2020 sort son single « Boum fan na daaré ». A travers cette interview qu’elle a bien voulue nous accorder, cette fine voix de la musique burkinabè nous fait le bilan de sa carrière, elle revient sur quelques souvenirs de ses concerts au niveau international, dit pourquoi le revirement du coupé-décalé à la musique tradimoderne, relate les difficultés rencontrées, parle de son quotidien, aborde sans détours d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Miss Wédra : Je vais très bien et je dis Dieu merci.

 

Après deux albums et des singles, quel bilan faites-vous de votre carrière ?

 

Vraiment le bilan est positif. Et cela grâce  à mes fans et à tous ceux qui m’ont adoptée depuis le début de ma carrière jusqu’à nos jours ainsi qu’aux soutiens de la presse.

 

Vous avez débuté votre carrière en 2008 avec le single « Crimador » dans le registre coupé-décalé, pourquoi avoir changé rapidement de style ?

 

« Crimador » veut dire tout simplement critiquer-manger-dormir (elle éclate de rire). Merci pour cette question, c’est vrai que j’ai été piquée par le virus du coupé-décalé et je voulais tout juste être dans la tendance. Et au fil du temps j’ai voulu vraiment y faire une carrière professionnelle avec une identité qui va m’imposer dans mon pays le Burkina Faso et à l’international.

 

Vos albums et singles ont tous été des succès, quel est votre secret ?

 

(Elle éclate de rire)… C’est la grâce de Dieu et le travail bien fait ainsi que le sérieux que je mets dans tout ce que je fais.

 

Vivez-vous de votre art ?

 

Tel serait mon souhait de vivre que de mon art. Mais vous savez, c’est très difficile de vivre uniquement de son art au Burkina Faso. Pour le moment, je m’accroche. Et on espère qu’avec le temps ça va venir.

 

Quelle est la difficulté majeure d’une jeune artiste comme vous ?

 

Les difficultés sont nombreuses. Quand on n’a pas de producteur ni de mécène, on est appelé à tout faire avec les moyens de bord. La musique demande beaucoup d’investissements et on fait l’effort avec nos petites ressources financières. Si toutes les conditions sont réunies, on pourra toujours faire de meilleurs clips-vidéos qui pourront passer sur les grandes chaînes de télévisions à l’échelle internationale.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

 

Je dirai merci beaucoup, à tous mes fans d’ici et d’ailleurs. Je dis merci à tous mes fans pour la confiance et je ferai tout  mon possible pour ne pas les décevoir. Que Dieu les bénisse abondamment.

 

Et quels souvenirs gardez-vous de vos concerts au plan international ?

 

Je garde de très bons souvenirs. Il y a eu beaucoup de collaborations  avec d’autres artistes de pays européens. Ce sont des échanges culturels qu’on ne peut pas oublier de sitôt.

 

Lequel vous a le plus marquée ?

 

C’est ma résidence de création avec l’association Duniafrica en France en 2017 et ma collaboration avec la mairie de Mauchanp en France en 2018. Ces échanges m’ont permis de comprendre qu’il n’y a pas mieux que sa propre culture parce que les gens auront toujours besoin de toi grâce à ton identité culturelle.

 

Pouvez-vous nous parler de votre quotidien ?

 

Mon quotidien est marqué par le boulot, rien que le boulot pour me perfectionner dans ma carrière musicale.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis mariée et mère au foyer. Je ne veux pas m’attarder sur le nombre de mes enfants. Sachez que j’en ai. Je trouve que votre question doit être confidentielle.

 

Que feriez-vous si un de vos enfants décide de suivre vos traces dans la musique ?

 

Je n’ y trouverai pas d’inconvénients. Il n’y a aucun souci. Mais je lui demanderai de finir ses études d’abord.

 

Pour terminer, quel est votre mot de la fin ?

 

Je vous dis merci et à l’équipe de votre magazine pour l’honneur et le soutien à mon égard. Merci du fond du cœur à tous mes fans. Je souhaite que la paix règne dans mon pays le Burkina Faso afin que nous puissions travailler dans de bonnes circonstances et que Dieu bénisse le Burkina Faso.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

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