L’Etat burkinabè a décidé de mettre de l’ordre dans le secteur des transports en s’attaquant aux véhicules en surcharge et hors gabarit en circulation sur les routes. En tout cas, dans un communiqué daté du 27 juin dernier, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, s’est montré très ferme. A partir du 1er août prochain, selon les termes dudit communiqué, « Tout véhicule lourd dont le gabarit ne respecte pas le règlement N° 14/2005/CM/UEMOA du 16 décembre 2005, sera formellement interdit de circulation sur l’ensemble du territoire national ; tout conducteur ou exploitant de véhicule en surcharge ou hors gabarit à cause du chargement, devra s’acquitter d’une amende, puis procéder au transbordement à ses frais, dans un délai de 24 heures, faute de quoi il ne pourra pas reprendre la route ; tout conducteur/exploitant de véhicule en surcharge, devra s’acquitter de l’amende y relative puis procéder au transbordement à ses frais dans un délai maximum de 24 heures avant autorisation de circuler. Passés ces délais ci-dessus visés, les amendements sont multipliés au prorata du nombre de jours dépassés ».
Ces nouvelles mesures qui viennent rappeler l’impérieuse nécessité de respecter les règles qui gouvernent la route, sont à saluer. En effet, en plus de la dégradation du réseau routier réalisé grâce à d’énormes sacrifices du contribuable, la circulation des véhicules en surcharge et hors gabarit, constitue une source d’accidents tragiques sur nos routes.
Les mesures prises se doivent d’être appliquées à la lettre
C’est dire si le gouvernement mérite d’être encouragé dans la croisade qu’il compte démarrer à partir du 1er août, contre ces acteurs du transport qui prennent des libertés avec la loi et qui trichent pour se faire le maximum de profits.
Cela dit, il faut avoir aussi le courage de le dire. Si ces pratiques ont perduré, c’est du fait du laxisme de l’Etat et de la complicité de certains qui en tirent profit. Car, sous les yeux complices de beaucoup d’entre nous, des acteurs du transport préfèrent payer des amendes importantes leur donnant ainsi un permis pour violer la loi. Et comme dans toute la chaîne, on « mouille la barbe » des uns et des autres, le phénomène ne peut que s’enraciner pour finir par prendre de l’ampleur. Autrement dit, l’Etat doit lui-même se remettre en cause sur les raisons qui ont contribué à « l’épanouissement » du phénomène de la circulation des véhicules en surcharge et hors gabarit, tout en assumant sa responsabilité pleine et entière pour que force reste à la loi.
Cela dit, les mesures prises se doivent d’être appliquées à la lettre afin de contraindre les éventuels récalcitrants à rentrer dans les rangs. Car, comme on aime à le dire, le tout n’est pas de pondre des communiqués ou de prendre des mesures. Le plus dur est dans leur application.
D’ici là, l’on espère que l’ensemble des acteurs du transport seront sensibilisés et prendront des dispositions dans le sens du respect de la règlementation en matière de circulation routière
MM