Elisabeth Tshala Muana Muidikayi, de nationalité congolaise, orignaire de Kasaï Occidental, née le 13 mai 1958 à Elisabethville (aujourd’hui Lubumbashi), est une chanteuse, danseuse, productrice, actrice de cinéma et femme politique congolaise. Elle est célèbre pour avoir modernisé et donné ses lettres de noblesse au folklore du peuple Luba, le Mutuashi, dont l’origine remonte probablement au Moyen Age. Elle a été surnommée « La Reine du Mutuashi ». Tshala Muana est aussi appelée Mamu nationale (mère de ma Nation). Tshala Muana, deuxième d’une fratrie de dix enfants, est la fille d’Amadeus Muidikayi, militaire, et d’Alphonsine Bambiwa Tumba, mère au foyer. En 1964, à peine âgée de 6 ans, elle perd son père, assassiné à Watsha par les maquisards ulelistes pendant la guerre du Katanga. Elle est élevée par sa mère, qui décède en 2005. S’étant toujours montrée discrète sur sa vie privée, la rumeur lui a prêté plusieurs relations, notamment avec l’ancien président Laurent Désiré Kabila. Elle n’a jamais été mariée, le fait qu’elle soit l’épouse de Claude Mashala n’est pas exact car il est légitimement marié à une autre femme depuis 1989 avec qui ils partagent 5 enfants. En août 1981, Tshala Muana faisait une entrée fracassante sur la scène du show-business ivoirien. Elisabeth Muidikayi Tshala Muana démarre sa carrière à Kinshasa en 1977 comme danseuse et choriste. Elle danse d’abord pour son idole féminine M’Pongo Love puis pour Abeti Masikini et enfin pour le groupe Minzoto Wela Wela. Elle compose aussi depuis 1978 ses propres chansons en tshiluba, la langue vernaculaire de sa région d’origine : le Kasaï. Elle a 23 ans et huit « 45 tours » dans son répertoire quand le public ivoirien la découvre le 7 août 1981, lors du concert de Jimmy Hiancynthe. Le « mutuashi » de Tshala Muana séduit tous les spectateurs présents ce soir-là au centre culturel de Treichville. C’était la première fois qu’on voyait une chanteuse bouger ses hanches de cette manière. Au cours de cette soirée du 7 août, l’apparition d’un chat noir au dessus de la scène, au moment même où Tshala Muana se trémoussait a intrigué les spectateurs qui se demandaient si ce n’était pas un signe prémonitoire de la naissance d’une étoile. En 1997, de retour au pays après une vingtaine d’années passées à Paris, Tshala Muana s’engage en politique, épaulée par le président Laurent Désiré Kabila. Elle fonde l’association REFECO (Regroupement des femmes congolaises). De 2000 à 2002, elle siège comme députée au sein de l’ACLPT (Assemblée constituante et législative du Parlement de transition). A partir des années 2000, Tshala Muana assure elle-même la production de sa musique et, à partir de 2008, celle de jeunes talents, notamment MJ30, Jos Diena, Lula Tshanda et Bossombo. Le 7 août 2022, elle était aux côtés de sa sœur ivoirienne Aïcha Koné pour ses 45 ans de carrière. L’artiste musicienne Tshala Muana est décédée le samedi 10 décembre 2022 à Kinshasa. L’information a été confirmée par ses proches qui précisent qu’elle est morte après un malaise. Elisabeth Tshala Muana Muidikayi est morte à l’âge de 64 ans dans un hôpital de Kinshasa. Tshala Muana laisse derrière elle un héritage musical très riche constitué de chansons de bonne facture comme Malu, amina. Tshebele, Mutwashi, Tshanza, lekela Muadi et autres.
-Discographie
- 1984 : Mbanda matière
- 1985 : Kami, Nasi nabali et M’Pokolo
- 1987 : La Divine et Antidote
- 1988 : Munanga et Biduaya
- 1989 : The best of Tshala Muana
- 1992 : Yombo
- 1993 : Elako
- 1994 : Ntambue
- 1996 : Mutuashi
- 1997 : Katsha Waya
- 1999 : Pika Pendé
- 2002 : Dinanga
- 2003 : Malu
- 2004 : Tshanza
- 2006 : Mamu Nationale (2 vol.)
- 2007 : Tshikuna Fou
- 2008 : Encore et Toujours
- 2009 : Sikila
- 2013 : Vundula
- 2015 : Lunzenze
- 2016 : Cour des grands
- 2018 : Don de Dieu (feat. M’bilia Bel)
Repose en Paix l’artiste
Evariste Télesphore NIKIEMA