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FEENOSE, ARTISTE- MUSICIENNE: « Je suis une femme heureuse et comblée »

Feenose est une artiste- musicienne burkinabè résidant à Berlin en Allemagne depuis plus d’une décennie. Très passionnée de musique depuis sa tendre enfance, elle se retrouve au cœur des années de gloire du hip hop burkinabè auprès de certains ténors comme Smockey. Après sa participation sur le titre « Les moutons » de ce dernier, un extrait de l’album « Epitaphe » en 2002 et après plusieurs collaborations, l’artiste réalise son tout premier album « Da wou wo » en février 2007 à l’international et en 2010 au Burkina. Suivront les œuvres « Albinos » en 2013, « C’est la vie » en 2015, « Baby » en 2018 et bientôt le nouvel opus.

Présente au bercail depuis le 1er janvier, nous l’avons rencontrée pour vous. A travers cette interview, Feenose nous parle du contenu de la soirée de dédicace du nouveau maxi, jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè, décortique son quotidien en Allemagne, aborde sans détour d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt !

 

Evasion : comment allez-vous ?

 

Féenose : Je vais très bien.

 

Qu’est-ce qui justifie votre séjour au bercail ?

 

Je suis là pour le lancement de ma structure « Kayiri Record » ainsi que pour la sortie de mon nouveau maxi qui est baptisé « Take my hand ».

 

Pouvez-vous nous présenter votre structure qui va naître et quelle sera sa particularité ?

 

C’est une structure multiculturelle qui va assurer la production, l’organisation d’événementiels, la coordination culturelle. Sa particularité est l’ouverture dimensionnelle sur tout ce qu’il y a d’artistique et d’artisanal pour le marché national et européen.

 

Sachant que vous résidez en Allemagne, comment va se faire la coordination pour atteindre vos objectifs ?

 

De nos jours, le monde a une facilité de communication grâce au télétravail qui est très prisé. C’est un atout que je compte utiliser. Il y aura une petite équipe dynamique sur place ici au Burkina qui mettra en œuvre mes directives.

 

Que va-t-il se passer concrètement le 15 janvier prochain ?

 

La soirée sera sublime en dégustation, un cocktail avec un menu spécial, un défilé de mode avec Lucy Style. Et je me produirai en live avec mon groupe le G.Band sans oublier des artistes invités comme Ruskof et Spiritual King, Sutong Nooma et Afrik’Kids.

 

Pour avoir été au cœur des années de gloire du hip hop burkinabè, quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

 

Je garde de beaux souvenirs malgré que tout ne fût pas rose. Des fois, je suis nostalgique de cette période car les artistes en avaient gros dans le ventre et il y avait une certaine sincérité et solidarité, ce qui est très rare de nos jours.

 

Pouvez-vous nous présenter ce nouveau maxi ?

 

C’est une œuvre de trois titres dont une chanson a été lancée sous la forme d’un single en avril 2021. Il s’agit du titre « Mon amour », en featuring avec Ruskof. Il sera baptisé « Take my hand » avec un univers musical très différent et varié que le public va découvrir et apprécier.

 

Quel bilan faites-vous de votre carrière ?

 

Sincèrement dit, mon bilan est très positif. J’ai grandi au fil des années en prenant de l’expérience et en apprenant de mes erreurs. En tant qu’artiste, je le resterai à vie car la musique pour moi est thérapeutique avec une dimension spirituelle.

 

Vivez-vous de votre art ?

 

Je ne vis pas de mon art car je suis également salariée. Je travaille dans le domaine de la santé et cela me tient à cœur. J’ai aussi mes engagements humanitaires avec mon association qui s’appelle SIMA. J’ai décidé d’exploiter tout ce que je sais faire en me lançant dans l’entrepreneuriat. C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour moi et j’espère que ce projet sera couronné de succès.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Mon quotidien, à Berlin en Allemagne, est à l’opposé de la normale. (Elle éclate de rire)…  J’ai un rythme de zombie. Je travaille en série cumulée de garde de nuit et dans la journée, je dors. Ensuite au réveil, j’effectue mes autres activités.

 

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

 

Je trouve qu’il y a une très belle évolution ; c’est bien animé, les clips sont super beaux. Je suis ravie d’assister à cette émergence mais j’ai des prises de position où je ne suis pas en phase avec l’évolution. On dira peut-être que je suis de la Old-school.

 

Pensez-vous que la musique burkinabè a une bonne position en Europe ?

 

Franchement, je n’en sais rien. Mais il y a quelques rares artistes burkinabè qui arrivent à bien exporter en Occident.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

 

J’ai toujours eu du mal avec le mot « fan ». Pour moi, ce sont des supporteurs comme si j’étais sur un ring de boxe. Je les remercie pour la force qu’ils me donnent par leur love.

 

Peut-on savoir votre situation matrimoniale ?

 

(Elle éclate de rire)… Je suis très sociale et sociable et je donne l’impression d’étaler ma vie, pourtant personne ne connaît ma vie privée. Je dirai tout simplement que je ne suis pas mariée. Je suis une femme heureuse et comblée par la vie et ma spiritualité.

 

Quel est votre mot de la fin ?

 

Merci infiniment aux Editions « Le Pays » et à mes partenaires sans qui ma cérémonie du 15 janvier n’aurait pas lieu. Merci à mes merveilleux parents à qui je dédie cette soirée, à mes frères et amis. Merci à Dieu et que la paix revienne au Faso.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

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