Bilgho Akaramata Kora, connu sous son nom de scène Bil Aka Kora, est un auteur-compositeur-interprète burkinabè, né le 25 avril 1971 à Pô au Burkina Faso. Sa musique, un mélange des rythmes traditionnels Kasséna et musiques contemporaines (jazz, blues, reggaehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Jazz), a donné naissance à un style musical qu’il appelle la Djongo Music. Il a remporté deux fois le Kundé d’or, en 2002 et 2005. Né à Pô, dans la province du Nahouri située dans la région du Nazinon, Bil Aka Kora grandit dans un environnement où la culture traditionnelle kasséna est présente. Il est l’un des dix-sept enfants de Mahama et Teoura Bilgho.
Il découvre la guitare au lycée provincial de Pô, au sein de l’orchestre local « Missiles Bande » de Pô, sous l’influence de Salah Ben, un pianiste ghanéen qui l’initie à cet instrument. Sans envisager au départ une carrière musicale, il commence à s’impliquer sérieusement dans la musique lorsqu’il intègre le lycée Zinda Kaboré à Ouagadougou. Il obtient son baccalauréat au lycée Philippe Zinda et joue de temps en temps avec l’orchestre du lycée, qui se produisait surtout pour le plaisir en interprétant du rap. Après le lycée, Bil Aka Kora s’inscrit à l’université de Ouagadougou pour des études en mathématiques et physique, IMP à l’époque. Il rejoint l’orchestre de l’université et participe à l’animation des nuits culturelles des différentes facultés. Cependant, après deux ans, des difficultés financières l’amènent à abandonner ses études. Il décide alors de se consacrer pleinement à la musique, jouant dans plusieurs bars et maquis de Ouagadougou, tels que le « Harlem Bar », le « Memphis jazz » et le « Pili-Pili ». C’est véritablement en 1997, lorsque le ministre de la Culture de l’époque, Mahamoudou Ouédraogo, lance les Grands Prix Nationaux de la Musique à Kaya, que Bil Aka Kora se consacre sérieusement à la musique. Il soumet une prémaquette de trois titres, il est présélectionné et devient lauréat, partageant la première place avec Kanzaï dans la catégorie vedette du Grand Prix National. A la suite de cette distinction, le ministère de la Culture programme Bil Aka Kora pour une performance lors de « La Nuit du Communicateur », un événement diffusé en direct à l’hôtel Sofitel Silmandé par la Télévision Nationale du Burkina (TNB). Cette apparition en live avec son groupe lui permet de se faire mieux connaître du public burkinabè. Grâce à ce prix, il rentre en studio et enregistre son premier album, Douatou (faiseur de pluie en langue Kassena), qui sort en 1998 et entraîne plusieurs tournées. Après la sortie de Douatou, il participe à un projet artistique intitulé Sono de Ville, qui regroupe quatre musiciens de Ouagadougou, quatre d’Abidjan et quatre de Grenoble pour une tournée collaborative. Il fait également la rencontre de Gerald La Roche, un harmoniciste canadien qui lui permet de découvrir son univers musical, ce qui donne lieu à un documentaire de 52 minutes. L’album Douatou est suivi des albums Ambolou en 2002 et Dibayagui en 2004, qui renforcent sa notoriété sur la scène burkinabè et internationale. Bil Aka Kora collabore avec des artistes réputés tels que Jean Philippe Rykiel, Ray Lema, et Humber von Goisen. Il se fait également remarquer lors de grands événements culturels au Burkina Faso, tels que le SIAO, le FESPACO, et Jazz à Ouaga. Sa carrière internationale débute d’abord dans la sous-région ouest-africaine, notamment au Togo et en Côte d’Ivoire, avant de s’étendre en Europe, en France et en Allemagne. En 2002, il remporte le Kundé d’or, étant désigné meilleur artiste burkinabè de la même année. En 2009, il sort son quatrième album, Yaaba (« Les ancêtres »), réalisé en collaboration avec Ray Lema, qui est le fruit de deux années de recherche. En 2014, Bil Aka Kora revient avec un album de 10 titres nommé Vanesa qui signifie partir et revenir en langue Kasena. En 2020, le roi du Djongo signe son retour avec un album de 11 titres, appelé « Fulu » qui signifie « éventail » en Kasena. Il joue et chante dans la pièce de théâtre Une nuit à la présidence, mise en scène par Jean-Louis Martinelli, qui sera créée en 2013 au Napoli Teatro festival Italia, avant d’être reprise en 2014 au Théâtre Nanterre-Amandiers. Le style musical de Bil Aka Kora, la Djongo Music, plonge ses racines dans les rythmes traditionnels kasséna tout en mêlant des influences modernes. La Djongo Music est inspirée par la danse Djongo, une danse de force dans laquelle les participants rivalisent de puissance pour impressionner leur auditoire. Ce concept de force physique et d’endurance se retrouve dans ses compositions. En 2008, Bil Aka Kora crée un événement musical intitulé Les Nuits Djongo, un concept de résidences artistiques qui vise à promouvoir la musique instrumentale burkinabè et à encourager les jeunes talents. Cet événement permet aux artistes locaux de se produire devant un large public et de bénéficier de l’expertise de musiciens expérimentés. Il lance également des soirées appelées Djongo Club, qui offrent une plateforme d’expression aux musiciens burkinabè et permettent de renforcer la scène musicale locale. En parallèle, Bil Aka Kora s’investit dans l’éducation musicale et la transmission des savoirs en organisant des ateliers et des formations pour les jeunes artistes. Il collabore permanemment avec des musiciens professionnels d’origine et d’horizons variés, parmi lesquels de grands noms tels que Ray Lema, Perrine Fifadji, Jean-Philippe Rykiel, etc.
Discographie
1998 : Douatou
2002 : Ambolou
2004 : Dibayagui
- Dibayagui
- Sofia
- Wèmatou
- Nongofoom
- Arithmétique
- Faiseur de pluie
2009 : Yaaba
2014 : Vessaba
- Vesaba
- Emergence
- Roots
- Wèki
- Ayamba
- Djara
- Sibiri
- Déshérité
- Akossongo
- Smandbé
2020 : Fulu (L’éventail), Djongo Diffusion et Shamar Empire
- Fulu
- Atikeleye
- Mani
- Over
- Entre terre et terre en featuring avec Malika la slameuse
- Annou en collaboration avec Magic système
Bil Aka Kora a également fait quelques apparitions au cinéma, notamment dans des films burkinabè tels que Sofia, dont il a été l’acteur principal (2004) et Code Phénix (2005), tous deux réalisés par Boubakar Diallo. Bil Aka Kora a aussi produit des chansons pour des films publicitaires, trois longs métrages télé et des séries comme « Madou le Petit Berger’’, « Le Nouveau Royaume d’Abou » et « une nuit à la présidence ».
Musiques de films / séries / documentaires / événements :
2013 : interprète du spectacle « Une Nuit à la présidence » de Jean Louis Martinelli et participation à l’écriture musicale
2012 : musique originale documentaire « Le Bois de la survie » d’Abraham Fofana (3 prix spéciaux au Fespaco 2013)
2011 : musique originale publireportage pour Yéhli Productions
2011 : musique additionnelle du long métrage « Bayiri » de S. Pierre Yaméogo
2010 : rôle principal et musique additionnelle long métrage « Bayiri, la patrie » de S. Pierre Yaméogo
2010 : musique originale du spectacle de lancement des activités du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina
2010 : musique originale des « Prix Galian », récompenses journalistiques par la Télévision Nationale du Burkina
2009 : musique originale série « Supers flics » de Aminata Diallo Glez
2009 : musique originale long métrage « Le Fauteuil » de Missa Hébié
2009 : documentaire « Pauline » de la série de films Tranches de Vies de Maïmouna N’Diaye
2009 : documentaire « Diable de Tasmanie » de la série de films Tranches de Vies de Maïmouna N’Diaye
2009 : réadaptation de l’hymne national burkinabè pour les 50 ans de la Radio nationale burkinabè
2009 : habillage musical de la Radio nationale burkinabè
2009 : happening « Ganlana-Kampalyo », deux chansons de Bil Aka Kora avec 60 danseurs et 300 figurants
2007 : musique originale du spectacle équestre « La Geste des Etalons » de Luis Marquès
2006 : musique originale spot tv Mégamonde
2005 : musique originale du long-métrage « Sofia» de Boubacar Diallo
Distinctions
- 1999 : 3e prix d’Afrique Caraïbes reçu à Lomé
- 2002 : Kundé d’or
- Kundé d’or 2002 du meilleur artiste
- Kundé 2002 de la meilleure chanson d’inspiration traditionnelle
- Kundé 2002, du meilleur clip
- 2005 : médaillé de chevalier de l’Ordre du mérite burkinabè par le ministère de la Culture, des arts et du tourisme
- 2005 : Djibayagui, clip d’or de la TNB
- 2005 : Kundé d’or
- 2006 : Meilleure musique originale du film «Sofia» de Boubakar Diallo (festival de longs métrages en Afrique du Sud)
- 2005, 2009, 2010 : Présent dans les compilations de la Francophonie
- 2010 : Kundé catégorie de la meilleure chanson d’inspiration traditionnelle
Evariste Télesphore NIKIEMA
